Trambus à Bruz : terminus à la gare, navettes… quels sont ...
À Bruz, certains disent que l’élection municipale de 2026 s’est jouée sur ce sujet. Impossible d’être dans la tête des 8 308 habitants qui se sont déplacés pour voter. Mais le trambus, qui doit permettre d’allonger les horaires et d’augmenter la fréquence des bus entre Rennes et Bruz, a été un élément central de la campagne. Deux lignes se sont opposées. La majorité sortante, de gauche, proposait un tracé long, jusqu’au centre-ville, avec un terminus au cimetière. C’était aussi le choix de Rennes métropole, qui finance le projet. L’opposition, de droite et du centre, s’y est toujours opposée, pointant notamment la congestion en centre-ville et plaidant pour que la ligne s’arrête à la gare. Le vice-président de Rennes métropole en charge des mobilités Matthieu Theurier avait fermé la porte : Ça n’a pas de sens de dépenser 80 millions d’euros pour ne pas desservir l’endroit où on peut toucher le maximum d’habitants (le centre-ville). Sauf qu’entre-temps, la droite a remporté les élections municipales et Rennes métropole a changé de vice-président aux mobilités. Suffisant pour rebattre les cartes ? C’est l’objectif de Jean-René Houssin, le maire de Bruz, qui a fait de l’élection une sorte de « référendum » pour ou contre le trambus en centre-ville.
Trois nouveaux scénarios à l’étude
Le sujet est revenu sur la table du conseil municipal, début juillet 2026. Au détour d’une délibération sur la création d’un comité mobilité, Marion Diaz, élue d’opposition, a interrogé le maire : Pouvez-vous nous dire si le choix du terminus est désormais arrêté ? Par ailleurs, durant la campagne, votre équipe avait annoncé la mise en place de navettes locales financées par la métropole. Avez-vous eu une réponse favorable sur ce point ? Jean-René Houssin, qui a rencontré la présidente de Rennes métropole, Nathalie Appéré, sur ce dossier, a répondu que le choix n’était pas encore définitivement tranché, mais a précisé que : Les acteurs en responsabilité savent que les choses ont changé. Ce sont des démocrates et ils ont pris acte du choix des Bruzois d’avoir un terminus à la gare. Sollicité après la réunion du conseil, le maire est revenu de manière un peu plus précise sur le sujet : Rennes métropole travaille sur trois nouveaux scénarios. Le premier avec un simple arrêt à la gare. Un second avec un système de navettes, au départ de la gare, pour irriguer d’autres quartiers, comme nous l’avons proposé pendant notre campagne. Une troisième option viserait à renforcer les lignes de bus existantes (91 et 59) pour faciliter la liaison entre la gare et le centre-ville. » Le nouveau maire ne ferme pas non plus la porte à un prolongement du tracé jusqu’au centre-ville dans le futur : Aujourd’hui, ce n’est pas du tout adapté. La gare est située à 500 mètres du cœur de Bruz. Mais si dans 10, 20 ou 30 ans des perspectives montrent qu’il faut rallonger la ligne, rien ne nous en empêchera. Qui paiera d’éventuelles navettes ? Des trois nouveaux scénarios, celui des navettes semble le plus coûteux. Qui paiera la note s’il est retenu ? Si Rennes métropole a chargé un bureau d’études de travailler sur cette option, c’est bien qu’ils ont en tête de prendre en charge le financement, répond Patrick Roullé, conseiller municipal délégué aux mobilités. Sinon, on nous aurait dit : vos navettes vous les faites et vous les payez. C’est vrai qu’il y a un coût à étudier. Mais un trambus plus court permettra d’économiser quelques millions d’euros au projet global. En attendant de faire un choix, ces études vont encore rallonger d’au moins un an le projet, dont la livraison est prévue pour 2031 ou 2032 . D’autant que d’autres questions se posent autour du tracé, notamment à Saint-Jacques-de-la-Lande, ainsi que sur le cadencement (la fréquence de circulation des bus). Sur ce dernier point, Patrick Roullé souligne : On dénombre 4 600 voyages par jour à Bruz. Dans les scénarios retenus, à terme, il est prévu 16 000 voyages quotidiens. Cela ne nous semble pas réaliste, par rapport à la taille de notre commune (Bruz vient de dépasser les 20 000 habitants). Nous sommes allés faire des comptages. Passé 18 h, il y a deux trois personnes qui descendent du bus en centre-ville pour une seule qui monte. Est-ce que ça vaut un trambus toutes les six minutes dans le futur ? Les techniciens se réinterrogent. Sollicitée sur le dossier, Rennes métropole indique que les discussions sont toujours en cours et ne souhaite pas communiquer davantage.