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Rennes : Comment l’aéroport veut s’y prendre pour enfin décoller et atteindre le million de passagers

20minutes.fr · 13/10/2026 · ← revue

Le million, le million ! Voilà des années que l’aéroport de Rennes rêve d’atteindre le seuil symbolique du million de passagers. En pleine dynamique à partir de 2010, il s’en était approché en 2018 en transportant 856.791 voyageurs, son record historique. Cette année-là, l’annonce de l’abandon de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, avait laissé entrevoir un avenir radieux à la plateforme bretonne. Mais huit ans plus tard, le ciel s’est bien assombri. Freiné dans son élan par la crise du Covid, qui a mis à l’arrêt tout le secteur aérien, l’aéroport rennais a depuis vu son trafic s’effondrer. L’an dernier, il a certes réussi à stopper l’hémorragie mais n’a accueilli que 512.000 passagers. Très loin, donc, du million. « On ne peut pas se contenter de ce chiffre et malgré le contexte international qui est difficile, il faut que l’aéroport retrouve l’activité qui devrait être la sienne », reconnaît Michaël Quernez, vice-président en charge des mobilités à la région Bretagne, propriétaire de l’équipement.

Deux nouvelles lignes vers Milan et Londres

Pour relancer la machine, la région, contrainte de remettre 700.000 euros au pot pour renflouer les caisses, a fait le pari de ne rien changer. En juillet, elle a renouvelé pour vingt ans la concession des aéroports de Rennes et Dinard au groupement formé par Vinci Airports et la Chambre de commerce et d’industrie d’Ille-et-Vilaine. Un choix du statu quo qui a pu surprendre. « Ils sont venus avec un vrai projet de challenger compétitif et non avec un projet de sortants », assure l’élu. A compter du 1er janvier 2027, « un nouveau chapitre » va donc s’ouvrir pour l’aéroport de Rennes, dans lequel le géant Vinci croit beaucoup. Cela passe bien sûr par le renforcement de l’offre au départ de la capitale bretonne, qui reste très limitée par rapport aux voisins nantais. Début mai, une liaison vers Milan sera lancée par EasyJet avec deux vols par semaine jusqu’en septembre. Desservant déjà Londres-Gatwick, la compagnie low cost britannique rajoutera une liaison vers Londres-Luton cet été, à raison de deux vols par semaine. Deux nouvelles lignes qui s’ajoutent aux liaisons vers Marrakech ou Séville déjà ouvertes ces derniers mois.

»Un aéroport plus connecté, moderne et durable »

Pour atteindre cet objectif du million de passagers « à horizon 2030-2031 », dixit Michaël Quernez, l’aéroport va également se transformer en profondeur pour « être plus connecté, plus moderne et plus durable », selon son directeur Yannick Bouiller. Dans les prochains mois, tout l’accès à la plateforme va être revu pour un parcours des voyageurs « simplifié, plus fluide et confortable. » Avec, à l’extérieur, un mail paysager ainsi qu’une nouvelle gare routière. A l’intérieur, les halls d’entrée et d’enregistrement seront rénovés, et un salon d’attente pour la classe business verra le jour. « Il faut moderniser l’équipement pour améliorer l’expérience client, qui est un facteur essentiel de la performance d’un aéroport », estime Rémi Maumon de Longevialle, directeur général de Vinci Airports.

La crainte de nouvelles taxes dans le budget 2027

Pour enfin décoller, l’aéroport de Rennes espère aussi que l’État ne lui mettra pas des bâtons dans les roues. Ce qui est déjà le cas, tous les aéroports français se plaignant d’une trop lourde fiscalité par rapport aux voisins européens. « Un passager au départ de Barcelone paiera 7 euros de taxes sur un billet, un passager au départ de Rennes 35 euros », dénonce le directeur général de Vinci Airports. Dans son projet de loi de finances 2027, le gouvernement prévoit encore d’augmenter les taxes. Ce qui inquiète fortement les petits aéroports régionaux comme Rennes, déjà mal en point. « L’État fait fausse route en continuant à creuser l’écart de fiscalité au bénéfice des aéroports dont il est actionnaire », estime Michaël Quernez. Avant de prévenir : « S’il ne revoit pas sa copie, les collectivités n’auront plus les reins suffisamment solides pour maintenir à flot ces plateformes aéroportuaires régionales. »