Revue de presse

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Coqs dans une baignoire, inondations, promesses à réaliser… À Rennes, que font concrètement les élus au quotidien ?

Ouest-France · 10/07/2026 · ← revue

Je savais que ce serait prenant, mais pas à ce point ! Et pourtant, elle a grandi avec un père qui était maire de Meucon, petite commune du Morbihan. Je voyais ce côté un peu débordant de la fonction, jusqu’aux coups de fil d’urgence du dimanche matin , sourit encore Charline Birault-Souchez.

« 1ère réunion de crise à 5 h 30, la dernière à minuit »

Tout juste sortie de réunion, dans son bureau sous les toits de la mairie, la nouvelle élue de 34 ans, 14e adjointe déléguée à l’égalité, part à pied direction des locaux du Planning familial, au Colombier. Je voulais rencontrer le plus possible d’associations avant les congés d’été , explique-t-elle en chemin. Pour faire connaissance et parce qu’elles seront amenées à travailler ensemble. Visite des locaux, et premiers échanges sur la future maison de l’égalité et de la lutte contre les discriminations , l’un des gros projets de la mandature porté par sa délégation. Un objectif sur six ans, parfois contrarié par les soubresauts du quotidien, comme le relate aussi Christophe Fouillère, 5e adjoint (socialiste) délégué à la vie associative et élu du quartier Villejean, qui entame son deuxième mandat : On doit mettre en œuvre le projet municipal, tout en répondant aux problématiques du quotidien. Un gros fait divers, une canicule ou des inondations qui s’invitent durant la semaine d’astreinte (24/h sur 24) que chaque élu est amené à réaliser. Ce fut son cas, en janvier 2025 : La première réunion de crise avait débuté à 5 h 30 du matin et la dernière à minuit. Tout au long de la journée, on réajustait le dispositif en fonction des prévisions météo, des risques d’inondations de tel ou tel bâtiment stratégique, de l’aide aux sinistrés… Des moments stressants : Il faut que la rationalité dépasse l’émotion car doit prendre des décisions qu’on pourra vous reprocher. Des épreuves qui illustrent cependant l’aide qu’on peut apporter aux citoyens. Même si c’est souvent ingrat : on nous dit rarement qu’on a bien fait, par contre on essuie régulièrement des critiques violentes. Lors des crises, on doit prendre des décisions qu’on pourra nous reprocher. Il faut alors que la rationalité dépasse l’émotion. D’autres événements sont heureusement plus cocasses : J’avais été appelé par les pompiers, intervenus dans un appartement pour un dégât des eaux, qui avaient découvert deux coqs de combat surentraînés dans la baignoire. Le propriétaire était absent et la fourrière refusait de les récupérer ! Élu, c’est aussi du système D : J’ai dû trouver une société spécialisée qui a accepté de les prendre. Ce que Charline Birault-Souchez, comme lui, retient aussi, ce sont les célébrations de mariage : Fin août 2020, j’ai dû en célébrer 38 en une semaine, pour rattraper ceux annulés par le Covid. Malgré tout, j’ai beaucoup aimé. On marie des gens en bleu de travail comme très apprêtés, de différentes cultures, milieux sociaux… Je mets un point d’honneur à personnaliser chaque discours.

Deux jours par semaine restent dédiés à leur activité professionnelle

Hors de ces périodes, les semaines sont plus codifiées. Le lundi est dédié à la vie interne de la collectivité , résume Christophe Fouillère : réunions des élus de la majorité sur des sujets politiques, des dossiers transverses entre élus… Et une fois toutes les six semaines en moyenne, se termine par une soirée de conseil municipal. Pour lui, les mardis et mercredis restent voués à son activité professionnelle au sein du ministère de la Jeunesse et des Sports, en charge des enquêtes pour soupçons de violences sexistes et sexuelles. C’est mon métier et je l’adore, mais cela me permet aussi de n’avoir pas de baisse de revenus , indique ce père de deux enfants en couple avec une compagne qui en a également. Les indemnités d’élu ne sont pas si élevées que ce que les gens imaginent, détaille-t-il : environ 1 800 € nets pour un maire adjoint, et on en reverse une part à notre formation politique (2). Ses jeudis et vendredis sont ensuite dédiés aux réunions avec les associations, institutions… Et à la représentation. Inaugurations, présence sollicitée à des AG d’associations, requêtes de riverains… Mais la semaine ne se termine pas là. Les samedis et dimanches sont mes moments préférés : ceux de la présence sur le terrain, à des manifestations organisées dans le quartier de Villejean ou ailleurs. C’est du sept jours sur sept, conclut-il. Même si c’est souvent plus calme l’hiver. C’est aussi pourquoi, même s’il était déjà investi en politique (au PS35), il n’a été élu qu’à 47 ans. Avant, mes enfants étaient petits. Aujourd’hui, mon fils vient parfois sur le terrain avec moi, je sais qu’il est fier. C’est important car c’est un projet qui embarque toute la famille.

« Je suis dans l’action, je me sens utile »

Charline Birault-Souchez, elle non plus, n’a pas abandonné ses activités d’auto-entrepreneuse en communication éditoriale et d’enseignante en communication à l’université Rennes 2, auxquels elle dédie encore deux jours par semaine. Ce qui lui permet également de conserver un niveau de revenus équivalent (3). Malgré les semaines à rallonge, elle ne regrette rien : J’ai énormément de chance d’avoir été élue. Je suis dans l’action, je me sens utile. Après de longues années d’investissement associatif, notamment féministe, la citoyenne catastrophée par l’évolution du climat et la montée de l’extrême droite , estime qu’il était temps pour elle de s’engager autrement . Et n’a aucun doute : Je suis là où je dois être. (1) Le conseil municipal de Rennes, compte 61 élus : 44 de la majorité de gauche sociale écologiste de la maire Nathalie Appéré, onze pour l’opposition de centre droit de Charles Compagnon et six pour celle de l’Insoumise Marie Mesmeur. (2) Christophe Fouillère, en tant que 5e adjoint à la maire et coordinateur (fonction supplémentaire d’aide à d’autres élus sur des thématiques croisées) touche 2 222 € net d’indemnités par mois, plus 324 € au titre de son mandat de conseiller métropolitain. Il reverse 411 € mensuels au PS. (3) Charline Birault-Souchez touche environ 1 700 € nets après impôts, indique-t-elle (cumul des indemnités d’adjointe à Rennes et de conseillère métropolitaine)