Contre la chaleur, la Ville de Rennes encourage les particuliers à végétaliser leur jardin, copropriété ou leur trottoir
C’était une promesse faite par la mairie lors des municipales de 2020 : accélérer largement la végétalisation et planter 30 000 arbres en six ans. Un pari réussi, puisque le résultat actuel avoisine les 32 000 arbres rien que sur l’espace public (intra et extra rocade). Alors que les canicules s’enchaînent et que les îlots de fraîcheur manquent, la Ville encourage les particuliers et les copropriétés à y contribuer en végétalisant leurs jardins, leurs cours… Et même leur trottoir. Pourquoi ne pas faire plus ? Les 30 000 arbres étaient un objectif politique, notamment pour s’approcher des 30 % de canopée », explique Marc Schwager responsable de la maîtrise d’ouvrage Jardins et Biodiversité de Rennes Ville et Métropole. Actuellement, Rennes atteint un taux de 21 à 22 % de canopée (surface couverte par les arbres et leurs feuillages) selon les dernières études. Pourquoi ne pas faire plus ? Les principaux freins sont davantage liés aux usages qu’à la technique », détaille le responsable. En effet, certaines grandes places accueillent des marchés, des évènements ou des manifestations, comme l’esplanade Charles-de-Gaulle ou la place des Lices. Les réseaux enterrés comme l’eau potable, l’électricité ou l’assainissement constituent également de grosses contraintes, qui ne sont pas toujours envisageables », ajoute-t-il. Des solutions techniques comme des ciels de rue (comme pour la rue Le Bastard) peuvent parfois être possibles. Bientôt des « bons de végétalisation » ? À Rennes, la ville n’a la main que sur 30 % de l’espace, c’est-à-dire que 60 % appartient aux particuliers, aux entreprises et aux copropriétés (les 10 % restants appartenant à l’État). Le plan local d’urbanisme encourage déjà les propriétaires à planter, notamment lorsqu’une parcelle dépasse 200 m2 ou lorsqu’un arbre est abattu, avec une recommandation de replanter davantage. Rennes Métropole réfléchit également à de nouveaux dispositifs incitatifs, qui pourraient voir le jour dans quelques mois. Parmi les pistes évoquées des bons de végétalisation permettant de financer l’achat de plants dans les pépinières, ou d’accompagner les copropriétaires souhaitant transformer leurs espaces », développe Marc Schwager. Planter sur son trottoir, et pourquoi pas ? Peu connu, pourtant bien utile, le dispositif « Jardiner ma rue » permet aux habitants de demander à la Ville l’ouverture d’une bande de terre de 10 à 15 centimètres au pied de leur façade afin d’y planter fleurs ou plantes grimpantes. Depuis la mise en place de cette pratique en 2018, 4 km de trottoirs ont déjà été végétalisés à Rennes. Pour savoir comment s’y prendre dans son jardin, l’ingénieur explique : L’idée n’est pas d’abandonner les arbres d’essences bretonnes, mais de diversifier progressivement avec des essences méditerranéennes, plus résistantes à la chaleur, qui s’adaptent au futur climat rennais. Une palette végétale a été créée par la métropole avec les espèces recommandées pour les particuliers, faciles d’entretien, qui ne poussent pas trop vite, et qui favorisent la biodiversité. Les périodes de plantation doivent également être respectées (entre novembre et fin février) dans une fosse suffisamment grande, dont le substrat est de qualité suffisante pour retenir l’eau.