Blocus des lycées : La mobilisation continue, des tensions à Lyon, Lille, Saint-Denis, Bordeaux, Rennes...
La colère ne redescend pas. Née en région parisienne ces dernières semaines, la mobilisation des lycéens continue de prendre de l’ampleur. Au lendemain de la journée de manifestation de la fonction publique du 29 septembre, plusieurs lycées ont fait l’objet de tentatives ou de blocages. Alors que l’Union syndicale lycéenne incite à poursuivre le mouvement, des tensions et des heurts ont éclaté aux abords de plusieurs établissements à Lyon, à Lille, à Saint-Denis ou à Rennes. Il ne fait pas bon être une poubelle aux abords des lycées en ce moment. Pour faire entendre leur colère face au manque de moyens, les lycéens n’hésitent pas à mettre le feu à des barricades bricolées à la hâte. A Lyon, les blocus ont débouché sur la dégradation de mobilier urbain mais aussi de jets de projectiles en direction des forces de l’ordre. D’après la préfecture, la police avait procédé à 14 interpellations à midi ce mercredi. « Qu’il y ait un mouvement lycéen, c’est parfaitement normal. Qu’il y ait des casseurs, c’est inacceptable et on ne le laissera pas faire », a déclaré Laurent Wauquiez. Le conseiller spécial de la région Auvergne-Rhône-Alpes s’est rendu ce matin au lycée Martinière-Diderot, où des poubelles et des branchages avaient été incendiés et un abribus cassé. A Bordeaux, des feux ont dégradé plusieurs bâtiments, notamment autour du lycée Gustave Eiffel.
Des lycéens blessés et des tensions
La préfecture du Rhône n’est pas la seule concernée. A Strasbourg, les pompiers ont éteint plusieurs feux de poubelles. A Rennes, des heurts avec les forces de l’ordre ont éclaté devant plusieurs établissements mobilisés. « Plusieurs lycéens ont été pris en charge par les secours », rapporte le Sdis 35. D’après la préfecture, les forces de l’ordre et les pompiers ont « fait l’objet de nombreux jets de projectiles ». Des actes « irresponsables et dangereux », selon la préfète Emanuelle Dubée. Selon nos informations, 14 individus ont été interpellés. A Lille, des violences ont également éclaté aux abords de plusieurs établissements. « Je suis assez inquiète pour la suite », a fait savoir la proviseure du lycée Montebello à nos confrères de La Voix du Nord.
Pour le ministre, « il faut arrêter »
A Saint-Denis, le blocage continuait au lycée Paul-Eluard, même si les cours étaient officiellement maintenus et que des élèves pouvaient entrer. Plusieurs dizaines de CRS étaient postés devant les entrées. Sur RTL, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a exprimé son inquiétude de l’usage de la violence, tout en soulignant que certaines revendications des lycéens étaient « légitimes ». « Le droit de manifester, c’est une liberté fondamentale. Les instances démocratiques, elles, doivent être respectées. La violence, c’est non. Il faut arrêter », a-t-il résumé. Depuis le début de la mobilisation, « 76 personnes, soit des élèves, soit des personnels », auraient été blessées selon le ministre.