Attendu depuis 2008, le giratoire de La Conterie, à Chartres-de-Bretagne, est enterré par Rennes métropole
Au cœur d’un été caniculaire, le 31 juillet 2026, trois ministres s’étaient déplacés au sud de Rennes pour entendre les annonces du groupe Schneider Electric. L’occasion pour la multinationale aux 135 000 salariés dans le monde de poser la première pierre de la vaste extension de son usine à Chartres-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine).
Au milieu des discours et des satisfecit de circonstance, ni la présidente de Rennes métropole, ni son vice-président à l’économie, n’étaient présents pour entendre les représentants de Schneider leur mettre gentiment la pression sur la nécessité d’un accès routier direct au site lié à l’augmentation du trafic.
L’accès à la Zone d’aménagement concerté (Zac) de la Conterie, où Schneider Electric est installé, n’est pas le plus simple. En sortant de la 2x2 voies toute proche, il faut d’abord emprunter un rond-point complètement saturé aux heures de pointe. Le reste du trajet se poursuit par une route étroite qui passe devant le collège, le Pôle sud, le cinéma, la piscine et traverse un quartier pavillonnaire.
Vieux serpent de mer
Depuis des années, les entreprises et les riverains alertent sur la dangerosité du secteur et militent pour la création d’un giratoire, qui permettrait d’apporter sa propre desserte à la Conterie. Le même que celui qui a été fait pour desservir la Zac voisine de Noyal-Châtillon-sur-Seiche, il y a une quinzaine d’années.
Le sujet est un vieux serpent de mer. Le projet de giratoire remonte à 2008. Mais, près de vingt ans plus tard, la zone, qui compte plus de 1 000 salariés et 150 logements, attend toujours et le ballet des camions va s’intensifier avec l’extension de Schneider.
En 2024, Rennes métropole, qui pilote désormais le dossier, annonçait des travaux pour 2027 et une mise en service espérée en 2028. Deux ans plus tard, le projet de giratoire semble définitivement enterré.
Les études de faisabilité menées en 2024 ont mis en évidence la présence de zones humides et d’espèces protégées. Dans ce contexte, le projet de giratoire tel qu’il avait été envisagé initialement n’a pas été retenu, précise la Métropole. L’aspect financier aurait également pu être un frein, selon nos informations.
L’annonce risque de faire grincer des dents, mais Rennes métropole assure avoir planché sur d’autres solutions et des travaux sont prévus pour fluidifier le trafic dès 2027 ».
Le rond-point des Champs-ronds, à l’entrée du secteur, va être placé en 2x2 voies dans les deux sens sur quelques dizaines de mètres ».Le tourne à gauche, pour emprunter la quatre voies en direction de Nantes, qui a connu plusieurs accidents mortels, sera supprimé à l’issue d’une phase expérimentale, si celle-ci est concluante.
Rennes métropole l’assure : L’objectif est ensuite d’observer les effets de ces aménagements sur la fluidité du trafic et la sécurité de l’itinéraire.
Une autre option à l’étude
Mais ces aménagements ne règlent pas la question de l’accès direct à la Zac. Très conscient des enjeux du problème, David Le Borgne, le nouveau maire de Chartres-de-Bretagne, annonce qu’une autre solution est envisagée. Une étude complémentaire doit examiner la possibilité de créer un accès à la zone en passant par la rue Léo-Lagrange. L’idée serait d’y créer une bretelle d’entrée et une autre pour la sortie. C’est une piste qui n’avait jamais été creusée. Une information confirmée par Rennes métropole.
Elle aurait le double avantage de dévier le trafic, sans passer par le rond-point des Champs-ronds et la rue de la Conterie. Reste à savoir si cette hypothèse est techniquement possible.