A Rennes, le quartier de Grande Prairie se couvre d'immeubles en bois

A Rennes, le ballet des grues bat son plein au-dessus du quartier de Grande prairie. D'ici au deuxième trimestre 2027, les premiers immeubles de ce programme de 220 logements devront être livrés. Un symbole pour la capitale bretonne. La zone de Grande Prairie, qui abritait jadis des entrepôts militaires, est en effet présentée comme un modèle d'urbanisme durable pour la ville. Plus d'un an de concertation avec les habitants et pas moins d'une dizaine d'ateliers ont été organisés entre les 6 promoteurs et bailleurs (Spie Batignolles, Espacil Habitat, Tolefi Promotion, So. Re. Im, Néotoa, Heredes) retenus pour l'aménagement. Objectif de la démarche : imaginer des immeubles répondant aux meilleurs standards environnementaux, ceux de la RE 2025 notamment, tout en proposant une palette très large de solutions immobilières, du locatif social, du bail réel et solidaire (BRS), ou de la commercialisation classique, sur le marché libre. « Mettre tous ces acteurs, architectes compris, autour de la table a permis d'offrir une variété de produits, mais aussi d'étudier les meilleures solutions techniques, économiquement viables », souligne Marc Dartigalongue, directeur de projets à Territoires Rennes, la société d'aménagement de la métropole.
Un « laboratoire » de l'habitat
Même si le quartier est présenté comme un « laboratoire » de l'habitat, pas question donc pour la collectivité de tester des solutions « non maîtrisées », susceptibles de faire exploser la facture finale dans un secteur déjà très touché par l'envolée des coûts de construction. L'architecture du bâti a volontairement été épurée avec des immeubles aux lignes simples, sans sous-sol. Coté structures, les architectes ont aussi donc joué la carte de la sécurité en optant pour des ossatures bois, garnies d'une isolation en paille de chanvre. Une première, à cette échelle, dans la ville. Le chantier a tout même comporté son lot d'innovations. Ainsi, les petites bottes de paille, utilisées au départ sur le modèle des constructions artisanales, ont été remplacées par le système de paille insufflée directement en usine, développée par la coopérative Ielo, basée dans la Vienne.
Maîtriser les coûts
De quoi, là encore, passer les chantiers en mode industriel afin de compenser les surcoûts inhérents à l'utilisation de matériaux biosourcés. « Ces solutions ont participé à contenir l'enveloppe d'investissement entre 2.000 et 2.200 euros le mètre carré de chape », complète le responsable. Une obligation de réemploi de matériaux a également été incluse dans le cahier des charges des opérations. « Ce type de programmes doit permettre à tout le monde de progresser, tant sur le plan de la construction, qu'au sein même des filières d'approvisionnement en matériaux », ajoute Marc Dartigalongue. Le quartier de Grande Prairie est une pièce maîtresse de l'immense écoquartier de la Courrouze (115 hectares), dont l'aménagement a démarré il y a vingt ans pour remplacer les anciens arsenaux. Plus de 200 millions d'euros ont été injectés dans cette opération de rénovation urbaine qui vise à créer plus de 5.000 logements et quelque 4.000 emplois.