Revue de presse

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94 caméras à Saint-Grégoire, 0 à Betton : à Rennes métropole, une utilisation à géométrie variable de la vidéoprotection

Ouest-France · 05/10/2026 · ← revue

Rennes métropole a-t-elle, moins que d’autres territoires, cédé aux sirènes de la vidéoprotection ? C’est l’impression qui se dégage en analysant les chiffres de caméras de vidéoprotection installées sur l’espace public et nécessitant une autorisation de la préfecture.

En 2016, Rennes et Chantepie étaient les deux seules villes qui déclaraient en être équipées. Certes, dix ans plus tard, elles sont douze de plus. Mais 29 communes n’ont pas franchi le pas.

Derrière Rennes, Saint-Grégoire accélère

Rennes, logiquement, est de loin la commune qui en compte le plus. 204 caméras à ce jour. Un chiffre qui a été multiplié par cinq en l’espace d’une décennie mais qui, rapporté au nombre d’habitants comme en témoigne notre carte, reste maîtrisé.

Depuis 2016, beaucoup de communes de la première couronne se sont équipées. À ce titre, Saint-Grégoire n’a pas lésiné sur les moyens. Alors qu’elle n’avait aucune caméra voilà dix ans, elle a en 94 aujourd’hui. Et vise près d’une centaine de caméras d’ici 2029. Une perspective qui a pu susciter de l’inquiétude chez certains habitants.

Un maillage indispensable, assume Laëtitia Remoissenet, la maire divers droite. Pour avoir des yeux un peu partout, elle met deux millions d’euros sur la table pour déployer l’installation dans les rues et tout le système qui va derrière. Nous n’avons que 2 % de délits mais le rôle des élus est de prévenir l’avenir. Nous voulons rester dans un cadre de vie préservé, justifie l’élue à la tête d’une police municipale nombreuse et armée. C’est la commune de la métropole qui compte le plus de caméras rapportées à son nombre d’habitants (11 000).

Betton, une voisine aux antipodes

La ville voisine de Betton, 13 000 habitants, ne fait pas du tout le même calcul. Elle a fait le choix de ne pas installer de caméra de vidéoprotection. La tranquillité publique, la lutte contre les cambriolages, sont une vraie question, livre le maire divers gauche François Brochain. Mais ça ne peut pas être notre priorité aujourd’hui.

Son équipe est en train de laisser de côté un équipement sportif pour mettre l’argent en urgence vers l’adaptation des écoles, Ehpad, au dérèglement climatique. On n’a pas les mêmes recettes que Saint-Grégoire ou Cesson qui ont beaucoup d’entreprises, rappelle également l’élu. Mais la majorité bettonnaise veut aussi être sûre que le rapport entre investissement et résultat soit valable.

De la vidéoprotection à la vidéoverbalisation

À Cesson-Sévigné, la municipalité menée par le maire de centre droit Jean-Pierre Savignac (Horizons) mise largement sur la vidéoprotection. Elle en est d’ailleurs équipée depuis 2017. Sur l’ensemble de la commune - qui compte près de 20 000 habitants - soixante-six caméras sont implantées dans l’espace public de la ville et à des endroits stratégiques : grands axes routiers, entrées et sorties de ville, arrêts de transports en commun.

En janvier 2026, l’étude des bandes des caméras de vidéosurveillance avait aidé à retrouver l’auteur du viol d’une employée de restaurant, alors qu’elle s’y rendait à pied au petit matin. Son agresseur l’avait discrètement suivie sur plusieurs kilomètres à vélo, avant de s’en prendre à elle.

Mais leur objectif principal est tout autre : Les emplacements des caméras sont déterminés en fonction des faits de délinquance ou de délits de circulation déjà enregistrés, détaillait à Ouest-France le chef de la police municipale, Yannick Le Scornet, en janvier 2026. Depuis décembre 2025, la police municipale procède également à la vidéoverbalisation. À terme, jusqu’à deux agents assermentés pourront garder un œil en direct sur l’ensemble des images parvenues des caméras, guettant l’infraction ou le délit.

En ligne de mire ? Les infractions routières et les dépôts sauvages, principalement. Et impossible de verbaliser a posteriori : pour cela, il faut être derrière les caméras avec une vision directe de l’infraction. En revanche, les images, conservées trente jours après leur prise, peuvent être réquisitionnées dans le cadre d’une enquête.