Revue de presse

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80 nouvelles caméras de surveillance à Rennes d’ici 2027 : cela va-t-il améliorer la sécurité ?

Ouest-France · 18/08/2026 · ← revue

C’était une promesse annoncée lors de la campagne municipale de mars 2026 par Nathalie Appéré, alors candidate à sa réélection : quatre-vingts nouvelles caméras de vidéoprotection dans le centre-ville rennais entre 2026 et 2027. Faisant partie intégrante du volet sécuritaire du programme de la maire socialiste, ce chiffre avait particulièrement retenu l’attention. Actuellement, la capitale bretonne compte 151 caméras de vidéoprotection sur la voie publique, alors qu’elles n’étaient que 36 en 2020. À cela s’ajoute les 4 100 caméras du réseau de transports et les 400 caméras de la société publique Citédia qui couvrent les parkings et les équipements publics. À savoir qu’une caméra coûte 15 à 20 000 € pour être installée, sans parler des 100 000 € annuels pour s’assurer de la maintenance du parc. Depuis 2020, de nombreuses caméras sont régulièrement endommagées, et par conséquent hors service, comme en juin 2025 où cela s’était produit dans le quartier du Blosne. P rès de la place Jean Normand, des grands poteaux de bois portant les caméras, avaient été incendiés. Quelle utilité ? Chose promise, les caméras de vidéoprotection continueront à fleurir à Rennes. Les commerçants de la rue Jules Simon, qui relie la place de la République au boulevard de la Liberté; constatent des travaux en ce sens. Ils sont mitigés face à l’utilité de ces dispositifs. Le gérant de la crêperie L’épi de blé, Charles Thibaudeau commente : Ce n’est pas l’installation de caméras qui va améliorer notre sécurité ». Son commerce étant situé juste en face d’une caméra qui existe depuis longtemps, il remet en question son utilité : Notre vitrine avait été cassée, et les caméras n’ont jamais aidé à faire avancer l’affaire. Il y a des images mais faut-il encore qu’elles soient exploitées, soupire-t-il.Dans les villes de droite où la police a beaucoup de moyens ça fonctionne, mais dans une ville de gauche comme Rennes, ça ne sert pas à grand-chose car il n’y a personne pour les regarder », estime-t-il.

Une étroite collaboration avec les forces de l’ordre

De l’autre côté de la rue, Léonie Gaudechon, responsable de l’épicerie Oliviers & Co n’y voit pas d’inconvénient. À partir du moment où je n’ai rien à me reprocher je m’en fiche d’être filmée, pour autant je ne suis pas sûre que cela dissuade vraiment les gens , livre la responsable. Elle, ne se sent pas spécialement en insécurité dans la rue : Il y a déjà eu des personnes alcoolisées qui sont entrées et quand on est seule dans le magasin ça peut faire peur, mais finalement on arrivait à les faire partir », conclut-elle. Sa collègue, au contraire, déplore cette « escalade sécuritaire ». Je trouve ça un peu liberticide. Si ça peut aider tant mieux, mais parfois on se demande jusqu’où ça va aller. Pour rappel, lors de son dernier mandat, Nathalie Appéré avait ouvert 40 postes dans la police municipale. Elle assurait vouloir en recruter soixante de plus, ainsi que la création d’une police métropolitaine des transports sur la durée du mandat. Sollicitée, la Ville n’a pas souhaité communiquer sur la localisation des caméras. Elle définira les lieux d’implantation de ces nouvelles caméras de vidéoprotection en collaboration étroite avec les forces de l’ordre. Des échanges permanents ont lieu avec la Police nationale, la préfecture et la justice pour évaluer les besoins selon l’évolution de la délinquance. Entre 2019 et 2024, les actes de délinquances ont explosé à Rennes, passant de 16 600 à 19 861 par an, soit une augmentation de 19,6 %.