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« Un moteur qui reste trop longtemps en sous-régime finit par casser » : l'avertissement de la French Tech à l'approche de la présidentielle

Les Échos · 08/09/2026 · ← revue

Par Sarah Dumeau

« Le moteur fonctionne, mais il est en sous-régime. Et un moteur qui reste trop longtemps en sous-régime, il finit par casser ». La métaphore, répétée à plusieurs reprises par Maya Noël, directrice générale de France Digitale, pourrait résumer la situation de la French Tech. Le lobby des start-up présentait ce mardi la dernière édition de son baromètre annuel, réalisé en collaboration avec le cabinet EY. Les chiffres paraissent plutôt bons à première vue, après l'année noire de 2025. Le chiffre d'affaires global des start-up en France augmente de 27 %, à 16,8 milliards, sur l'exercice 2025 par rapport à 2024. Le nombre de jeunes pousses croît avec 1.800 start-up supplémentaires recensées sur la même période et les sommes levées atteignent 4,6 milliards d'euros (+65 %) au premier semestre. Mais ces résultats seuls ne permettent pas de prendre la mesure de la santé de l'écosystème. Si les levées de fonds ont augmenté en valeur, elles ont diminué en volume avec 280 tours réalisés au premier semestre, soit 10 % de moins qu'en 2025. Le ticket moyen dépasse les 16 millions d'euros, signe d'une concentration des investissements autour des plus grosses opérations. En témoigne la levée de fonds record de 3 milliards d'euros annoncée ce mardi matin par Mistral. Surtout, la France continue d'être à la traîne par rapport aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni ou à l'Allemagne, où les sommes levées atteignent respectivement 14,6 et 6 milliards d'euros sur le premier semestre.

Financement difficile à partir de la série A

Année électorale oblige, France Digitale a interrogé les acteurs de l'écosystème sur leurs attentes à l'approche de la présidentielle. Le lobby de la French Tech se félicite d'être désormais en contact avec « la quasi-totalité des candidats », alors que les start-up étaient vues comme un secteur niche il y a encore dix ans. A quelques mois des élections, c'est notamment l'instabilité qui inquiète dans l'écosystème. « Sans même souhaiter une simplification des règles du jeu, tout le monde espère au moins garder les mêmes », résume Maya Noël, la directrice générale de France Digitale. De leur côté, près de la moitié des fonds interrogés (43 %) attendent de la présidentielle qu'elle mette sur le devant de la scène la question du fléchage de l'épargne européenne et la promotion d'un régime mixte ou d'une retraite par capitalisation (19 %). Le manque d'accès au financement continue en effet de freiner la dynamique de l'écosystème français. La majorité (83 %) des start-up dit rencontrer des difficultés à mobiliser des financements européens à partir de la série A, et 72 % des fonds admettent manquer de liquidité pour suivre à partir de la série B. Une difficulté structurelle attribuée aussi au manque de sorties. « On a vu encore Pasqal qui a fait sa sortie au Nasdaq, cela interroge notre capacité à accompagner ce type de sociétés », regrette Franck Sebag, associé chez EY. Niveau secteurs, c'est sans surprise la deeptech qui concentre les intentions d'investissement pour 2026-2027, avec 84 % des fonds qui prévoient de financer ces projets, contre 57 % pour la healthtech, arrivée en deuxième position, ou 54 % pour l'industrie. Dans le détail des sous-secteurs regroupés sous la deeptech, l'IA rassemble 32 % des intentions de financements, la cybersécurité 24 %, la robotique 18 %, le quantique 13 % et les semi-conducteurs 13 %. « La prochaine révolution après l'IA, c'est la robotique et le quantique, on en tous persuadés », affirme Franck Sebag, qui regrette que ces secteurs ne fassent pas déjà l'objet d'une attention plus grande de la part des fonds.

Méthodologie

Les réponses ont été collectées par France Digitale et EY entre le 7 mai et le 28 juillet 2026 auprès de 255 start-up, 37 fonds de capital-risque, 45 structures d'accompagnement et 21 grands groupes. Les start-up répondent aux critères suivants : - avoir son siège social en France ou au moins 50 % de ses effectifs basés en France - être non cotée ou cotée depuis moins de 5 ans

- développer un produit ou service innovant dans le secteur technologique

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