Un grand écart entre les uns et les autres : comment les candidats à la présidentielle veulent réformer les retraites ?
Les candidats n’y couperont pas. Ce sera l’un des gros sujets de la présidentielle. De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, d’Edouard Philippe à Marine Tondelier, de Bruno Retailleau à Raphaël Glucksmann, comment comptent-ils aborder la question des retraites ? Avant que le voile ne soit levé sur les programmes, un grand écart s’installe entre les préconisations des uns et les intentions des autres.
RN et gauche, même combat
Hors de question pour la gauche et Marine Le Pen de faire travailler les Français trop longtemps. La porte-drapeau du Rassemblement national milite pour un départ à la retraite à 62 ans, tout comme le socialiste Olivier Faure, l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon et l’écologiste Marine Tondelier. Marine Le Pen et Marine Tondelier défendent même l’idée d’une retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler avant vingt ans ou ayant exercé des métiers pénibles. Cet objectif de 60 ans - « à terme » - est aussi partagé par le leader Insoumis, ainsi que par Raphaël Glucksmann pour certains salariés. Si le coprésident de Place publique ne fixe pas encore d’âge légal, il admet, toutefois, que certains Français devront travailler plus. Comment le RN, le PS, les Verts et LFI financeront-ils leur réforme ? Pour l’instant, le flou domine et les arbitrages sont en cours. Les Verts tablent sur une CSG progressive. À 65 ou 66 ans ? Edouard Philippe (Horizons) devrait présenter sa réforme des retraites dans les prochains jours. Il pourrait fixer l’âge légal de départ à 65 ou 66 ans. « Pour sauver le système, il va falloir travailler plus longtemps. Nous avons une réalité démographique et financière face à nous ». Le maire du Havre prévient, toutefois, que sa réforme tiendra compte de la pénibilité. Il propose, en outre, la mise en place d’un volet capitalisation. « Il ne changera rien pour les dix prochaines années, mais sera précieux dans quinze ou vingt ans. »
L’espérance de vie
Bruno Retailleau (Les Républicains) plaide pour faire évoluer l’âge de départ à la retraite au regard de l’espérance de vie en bonne santé. « Comme les Français vivent plus longtemps, ils devront travailler plus longtemps ». Un système déjà mis en place dans plusieurs pays européens. « Cela ne se fera pas au détriment des femmes », assure le Vendéen.
Plus d’âge légal de départ
C’est ce que préconise Gabriel Attal (Renaissance). Pour lui, la date de départ à la retraite dépendra de la seule durée de cotisations. « Vous partez très tôt, vous avez très peu. Vous partez plus tard, vous avez plus ». Le trentenaire souhaite également introduire une dose de capitalisation.