Revue de presse

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Tant chez les Insoumis qu’au PCF : pourquoi la candidature du communiste Fabien Roussel embarrasse à gauche ?

Ouest-France · 07/09/2026 · ← revue

Il y prend décidément goût. À huit mois du rendez-vous électoral national, le communiste Fabien Roussel figure, de nouveau, sur la ligne de départ du scrutin présidentiel, quatre ans après avoir échoué lors de sa première tentative, sous la bannière des Jours heureux. Il a confirmé sa candidature dimanche 6 septembre, fort du soutien de « 72 % des militants », précise-t-il.

Mésaventure

S’il lui sera difficile de faire de l’ombre à Jean-Luc Mélenchon dans les urnes le 18 avril, il pourrait, toutefois, l’empêcher d’accéder au second tour le 2 mai. C’est précisément ce que la France insoumise lui avait reproché en 2022. Alors que le chef du PCF n’avait convaincu que 2,28 % des électeurs (soit 802 000 voix environ), il avait été accusé par LFI d’avoir privé son leader des 421 000 suffrages le séparant du duel final. Ne voulant pas connaître pareille mésaventure au printemps 2027, les Insoumis multiplient donc les appels au vote utile depuis lundi matin. « Les Français vont se rendre compte qu’il y a une proximité à l’Assemblée entre communistes et LFI. Ils doivent donc comprendre que Jean-Luc Mélenchon porte l’essentiel des idées de l’idéal communiste », insiste Manuel Bompard, le patron de la France insoumise, très mécontent de l’initiative de Fabien Roussel. Lequel justifie sa candidature par un désir d’étendre le socle de la gauche et de ramener vers lui les abstentionnistes.

Bande à part

Au sein du PCF, la décision du secrétaire national de se lancer à nouveau dans la course à l’Élysée fait également débat. Stéphane Peu, à la tête du groupe rouge au Palais Bourbon, a ainsi dit récemment qu’il ne comprenait pas « l’obstination » de son chef de file « face au risque d’accession de l’extrême droite au pouvoir ». Le député de Seine-Saint-Denis craint aussi que cette candidature de Fabien Roussel n’entraîne la disparition de sa formation à l’Assemblée. Voici quelques mois, LFI a, en effet, proposé à ses « partenaires » de gauche (notamment les écologistes et communistes) un contrat de gouvernement et un accord législatif complet, à condition de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. La « sécession » de Fabien Roussel pourrait donc inciter les Insoumis à mettre des candidats face aux communistes lors des prochaines législatives. Et provoquer ainsi leur perte.