SONDAGE EXCLUSIF - Présidentielle 2027 : les électeurs de la droite et du centre veulent une primaire pour désigner un candidat unique

Par Hadrien Valat
Les électeurs du centre et de la droite ont de quoi avoir des sueurs froides en regardant les derniers sondages : en cas de candidatures simultanées de plusieurs de leurs champions, et donc d'éparpillement de leurs voix, Jean-Luc Mélenchon semble en mesure de s'inviter au second tour face à Marine Le Pen. Une affiche qui ne leur plaît visiblement pas du tout, puisqu'ils plébiscitent l'organisation d'un processus de départage entre leurs candidats, selon le baromètre PrésiTrack d'OpinionWay pour « Les Echos » et Radio Classique. 78 % des sympathisants d'Ensemble et 74 % de ceux des Républicains se déclarent ainsi favorables à l'organisation d'une primaire de la droite et du centre (selon des sous-échantillons issus d'un panel total de 948 personnes). Une idée qui convainc 61 % des Français de toute allégeance. Machine à perdre ? Mais qui ne plaît guère à Edouard Philippe, pourtant le mieux placé des candidats du socle commun. « Une primaire, ça sert à quoi ? A accentuer les différences. Moi, ce qui m'intéresse, c'est quoi ? C'est d'accentuer ce qui nous rassemble », martelait encore le maire du Havre fin août. « Une idée fausse s'est instaurée : la primaire serait une machine à perdre. Mais celle de la gauche en 2011 permet à Hollande de se faire élire, celle de la droite en 2016 connaît un succès phénoménal », observe Bruno Jeanbart, vice-président d'OpinionWay. Notamment parce que l'organisation d'un tel scrutin a « d'énormes avantages en termes de mobilisation, d'occupation du champ médiatique et de dynamique pour le vainqueur à l'issue du vote », souligne-t-il. Qu'importe, Edouard Philippe mise plutôt sur ses sondages pour forcer ses concurrents dans le même couloir à se rallier à sa campagne. Problème : le candidat d'Horizons, concurrencé par Gabriel Attal, stagne quand Jean-Luc Mélenchon engrange. Le Normand et l'Insoumis en chef sont désormais donnés au coude-à-coude au premier tour dans certains cas de figure (entre 15 et 17 %). Conscient du danger, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron a mis en garde sa famille politique. « Si nous continuons à nous diviser, nous ne gagnerons pas la présidentielle », a-t-il déclaré lundi, proposant « un rassemblement de la droite et du centre », des Républicains jusqu'au Modem. En somme, un rassemblement derrière lui.
Périmètre
Pas d'actualité, a esquivé Gabriel Attal. Pas intéressé, a dit Bruno Retailleau, refusant de participer à « une réunion pour les macronistes, entre macronistes », a-t-il griffé sur CNews. Mais le premier jure ne pas avoir « peur » de l'option primaire. « S'il y a une primaire, je l'affronterai », a aussi assuré le second sur France 2, sans enthousiasme débordant. « Le favori dans les sondages n'a pas envie de prendre ce risque et les outsiders y ont intérêt mais ne peuvent pas le faire sans le favori », pointe Bruno Jeanbart. Mais Edouard Philippe doit faire à une pression de plus en plus forte. Le président de la région Normandie, Hervé Morin, a par exemple lancé fin août une pétition en faveur d'une « primaire ouverte » de la droite et du centre pour désigner « un candidat unique ». Quand David Lisnard, le très libéral maire de Cannes, candidat à la présidentielle, demande également l'organisation d'« une grande compétition ». Reste un autre obstacle de taille : la question du périmètre. Quand certains voudraient que la primaire aille jusqu'au centre-gauche social-démocrate, d'autres l'envisagent bien plus à droite, avec Eric Zemmour ou Sarah Knafo dans la course. Des bornes difficilement compatibles, surtout si les perdants sont tenus de soutenir la candidature du vainqueur.