Revue de presse

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SONDAGE EXCLUSIF - Présidentielle 2027 : Le Pen domine encore largement, le duel Attal-Philippe reste ouvert

Les Échos · 10/09/2026 · ← revue

Peu à peu, les Français entrent dans la campagne présidentielle. Selon la deuxième vague du baromètre PrésiTrack d'OpinionWay pour « Les Echos » et Radio Classique, ils sont 54 % à déclarer s'y intéresser, soit 4 points de plus que lors de la première vague de juillet, et 8 points de plus qu'il y a cinq ans à la même époque. Malgré la densité de la campagne - divisions dans le bloc central et à droite, mise en place de la primaire à gauche, doutes sur le duo Marine Le Pen-Jordan Bardella au Rassemblement national (RN) - et à un peu plus de sept mois du premier tour, le classement ne varie pas. Avec 34 % des intentions de vote quel que soit le scénario, Marine Le Pen domine largement, même si elle connaît un léger tassement.

Le duel reste ouvert entre Philippe et Attal

« En début de campagne présidentielle, après la poussée du RN aux élections européennes et législatives de 2024, on ne l'a jamais vue aussi haute et avec une telle différence avec celui qui arrive deuxième. L'avance de Marine Le Pen est telle qu'il faudrait qu'elle s'effondre pour ne pas arriver au second tour », analyse Bruno Jeanbart, vice-président d'OpinionWay. L'institut de sondages a calculé que la probabilité que Marine Le Pen soit présente au second tour oscille entre 95 % et 97 % selon les scénarios. Derrière Marine Le Pen, la bataille est plus ouverte que jamais pour une place au second tour. Dans l'ensemble bloc central, Edouard Philippe, le candidat Horizons, garde une longueur d'avance sur Gabriel Attal. S'il est le seul candidat avec Bruno Retailleau à droite, le maire du Havre affiche des intentions de vote à 19 %, loin devant son concurrent LR (10 %). Il n'empêche, malgré l'accélération de sa campagne depuis la rentrée, Edouard Philippe recule de 3 points par rapport à la première vague. « Il baisse un peu et, tout en restant le mieux placé, il n'a pas d'avantage décisif », poursuit le sondeur. Gabriel Attal suit la même tendance. Seul candidat du bloc central, il affiche des intentions de vote à 14 %, soit 2 points de moins qu'en juillet. Sa campagne suractive tout au long de l'été, marquée par de nombreux déplacements partout en France, n'a pas eu d'effet dans les sondages. Si les deux hommes sont candidats, l'avantage reste en faveur du maire du Havre - 15 % contre 8 % -, mais l'écart se resserre : par rapport à la première vague, Edouard Philippe perd 3 points et Gabriel Attal en gagne 1. De quoi inciter Gabriel Attal à poursuivre sa campagne, alors que la pression pour une candidature unique de la droite et du centre se fait de plus en plus forte.

Mélenchon domine toujours à gauche

A droite, Bruno Retailleau ne décolle ni ne s'effondre. Le candidat des LR est testé entre 8 % et 12 % selon les scénarios. Sa rentrée a été marquée par une multitude de propositions - fin du droit du sol, révision constitutionnelle - destinées à marquer les esprits. A gauche, Jean-Luc Mélenchon domine encore le match. Certes le leader de La France insoumise (LFI) ne connaît pas de véritable dynamique, mais, à 15 %, il démarre la campagne avec un socle plus solide que lors de ses trois dernières candidatures. Il reste à portée du second tour. « Il peut se qualifier si les divisions persistent à droite et au centre, et même si ce n'est pas le cas, il en est très proche », note Bruno Jeanbart. Le reste de la gauche pâtit encore dans l'incertitude de celui ou celle qui portera ses couleurs. La primaire du Parti socialiste (PS) et de ses alliés - Place publique et Gauche républicaine et socialiste - est engagée, mais l'ambiance est tendue et François Hollande, qui tente un come-back que ni Valéry Giscard d'Estaing, ni Nicolas Sarkozy n'ont réussi, est en embuscade. Candidat depuis le week-end dernier, le communiste Fabien Roussel ne perce pas, après avoir réalisé 2,3 % au premier tour en 2022. Idem pour Marine Tondelier : la candidate des Verts plafonne entre 3 % et 4 %.

Légère embellie pour Glucksmann

Raphaël Glucksmann, qui a officialisé sa candidature à la fin de l'été, connaît une légère embellie. Il gagne jusqu'à 2 points - à 12 % - si Gabriel Attal est le seul candidat du bloc central. Si ce cas de figure est le scénario final, la compétition sera plus que jamais ouverte puisque quatre candidats - Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann - se tiennent aujourd'hui dans un mouchoir de poche, entre 12 et 15 %. Entre l'envolée des prix de l'essence, l'inflation et les difficultés économiques de la France, les Français placent le pouvoir d'achat au coeur de leurs préoccupations pour la campagne présidentielle. Ils sont 68 %, soit une hausse de 6 points, à en faire le principal enjeu de cette campagne présidentielle, devant la santé (56 %) et la sécurité (49 %), tous deux en léger recul.

Grégoire Poussielgue