Revue de presse

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REPORTAGE. À Tourcoing, chez Gérald Darmanin, Édouard Philippe tend la main à l’union de la droite et du centre

Ouest-France · 30/08/2026 · ← revue

À Tourcoing, près de Lille (Nord), la pétanque s’appelle la bourle ; les joueurs, des bourleux ; et le terrain de jeu, une bourloire. Un sport national en terre ch’ti, que chaque visiteur est tenu de pratiquer au moins une fois dans sa vie. C’est près du temple local de ce palet en bois dur - devant rouler sur une piste incurvée - que Gérald Darmanin a reçu ses invités dimanche. Au cœur de sa terre tourquennoise, dans un jardin botanique bien arrosé par la drache (la pluie locale) la veille, puis éclairé par un soleil discret. L’occasion pour le Garde des sceaux d’y faire sa rentrée, à huit mois du scrutin présidentiel, entre bière, saucisses frites, gaufres et évidemment discours politiques. Des ministres y ont croisé des députés et sénateurs ; ces parlementaires, des élus locaux ; ces élus, des militants du parti Populaires ! de Gérald Darmanin… Et tout le monde - un millier de personnes - a applaudi Edouard Philippe.

Immigration et retraites

Le maire Horizons du Havre, engagé dans la course vers l’Élysée, était l’invité d’honneur de cette journée de fin d’été. Un rendez-vous très attendu. Voici quinze jours, le ministre de la Justice lui a apporté son soutien… sous conditions. En se ralliant à l’ex-Premier ministre « pour ne pas rajouter de la division », Gérald Darmanin lui a fixé quelques exigences : durcir son programme sur la sécurité, l’immigration et la justice ; et être « davantage à l’écoute des frustrations sociales de nos compatriotes ». Message reçu par le Normand ? « Le ministre de la Justice, pour qui j’ai beaucoup d’amitié, a raison d’exprimer ses idées, insiste le candidat à la présidentielle. Sur l’immigration, je n’ai pas de divergences avec lui. » Edouard Philippe souscrit à l’idée qu’il « faut freiner » l’octroi des titres de séjour. Mais il ne veut pas d’un moratoire. Il souhaite pouvoir continuer à accueillir des étudiants étrangers et des professionnels « dont le pays a besoin », comme les médecins. Même consensus sur les retraites. Les deux hommes réaffirment la nécessité de travailler plus longtemps, tout en tenant compte des situations par métier et des difficultés de la vie. « Je présenterai prochainement un plan retraites. Il sera responsable et juste », promet le Normand. Avec un report de l’âge de départ à 67 ans… que critique Gérald Darmanin ? Pour l’heure, le candidat Horizons botte en touche. « Il peut y avoir de la polyphonie entre nous, mais nous nous parlons et, à la fin, c’est le chef qui décide », explique le ministre de la Justice.

« Première pierre »

Ce dont se parlent aussi beaucoup les deux « amis », c’est de l’union de la droite et du centre, nécessaire pour devancer Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, « la chtimi par intermittence, celle qui vient faire du tourisme social dans le Nord », selon Gérald Darmanin. L’espace d’Edouard Philippe va de Les Républicains au MoDem, mais pourrait s’ouvrir « aux gens de gauche », hors LFI. « Si nous attendons d’être d’accord sur chaque virgule pour nous rassembler, nous laisserons le pays à ceux avec qui nous sommes en désaccord », affirme le Normand. Un rassemblement souhaité par divers supporteurs du Garde des sceaux croisés dans le parc botanique. « Son ralliement à Edouard Philippe est une bonne stratégie, mais il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin », insiste Adoum, de Tourcoing. « Je suis la première pierre de celles et ceux qui ne sont pas toujours d’accord avec le maire du Havre, mais le soutiennent. J’espère qu’il y en aura d’autres », plaide Gérald Darmanin. À la fois ministre de la justice et maçon.