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Primaire de la gauche : cinq candidats, une ambition, des chemins différents

Ouest-France · 10/10/2026 · ← revue

Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal sont les cinq candidats à l’investiture sociale-démocrate. Cette primaire de la gauche hors LFI, se déroulera lors d’un scrutin électronique uninominal à deux tours les 9-10 puis 16-17 octobre. Tous défendent dans leur profession de foi à l’adresse des militants des trois partis organisateurs (PS, Place publique et Gauche républicaine et socialiste) mais aussi des sympathisants qui pourront voter après avoir payé une contribution de 15 € (10 € tarif social), une gauche républicaine et laïque, faisant de l’extrême droite leur principal adversaire. Mais soulignent aussi des priorités distinctes.

Le projet en 3D d’Emmanuel Maurel

Le président du parti « Gauche républicaine et socialiste » résume son projet en trois verbes : « Démondialiser, démarchandiser, démocratiser ». « Face à l’individualisme-roi qui isole, à la société du tout-marché qui écrase, à la pulsion consumériste qui avilit, je réponds par le primat de la solidarité, l’autorité de l’État et l’instauration d’une République écologique », écrit-il. Il veut notamment relocaliser la production grâce à la commande publique, indexer les salaires sur l’inflation, lancer un grand emprunt national auprès des seniors et multiplier les référendums.

La « révolution écologique » de Raphaël Glucksmann

Le leader de Place publique mise, lui, sur la refondation de la gauche démocratique, excluant tout accord avec La France insoumise. Il promet la souveraineté énergétique et technologique, une révolution écologique érigée en « grande révolution industrielle de notre temps » et une « révolution féministe » sur le modèle espagnol. De bâtir aussi une « société plus juste, où la pauvreté sera combattue, où le travail sera préféré à la rente, où les plus fortunés contribueront le plus à la solidarité nationale, où les services publics et l’hôpital redeviendront des priorités et où l’école renouera avec la promesse d’émancipation universelle ».

Ségolène Royal et « l’ordre juste »

L’ex-finaliste de la présidentielle de 2007 défend de son côté « l’ordre juste » : « un travail qui permette de vivre et de se cultiver, des acquis sociaux respectés, une école qui émancipe, un hôpital qui soigne partout, un état qui protège les enfants […] et garantit la sécurité ». Baisse du prix de l’énergie, pouvoir d’achat, « faire de l’écologie une chance pour l’emploi, l’agriculture, l’industrie et notre indépendance » figurent aussi parmi les priorités de celle qui rappelle son expérience auprès de François Mitterrand et à la Cop21. Elle souligne aussi qu’une « femme à la tête de l’État serait une révolution ».

Jérôme Guedj porte la « République du soin »

Le député de l’Essonne porte la République du soin au cœur de son projet. « Trois Français sur quatre ont déjà renoncé à un soin. Quatre-vingts ans après la création de la Sécurité sociale, j’entends achever l’œuvre : une sécurité sociale intégrale, qui rembourse à 100 % les soins et traite chacun à égalité ». Il propose d’étendre à l’ensemble du territoire le service public du grand âge créé dans son département, veut une école aux « fondamentaux le matin » avant « la vie l’après-midi », souhaite aussi porter le Smic à 1 700 € net et de « conditionner les aides aux entreprises pour que chacun ait sa part des bénéfices qu’il produit ».

Olivier Faure veut « faire advenir une France plus juste »

Le premier secrétaire du parti socialiste souhaite une « France plus juste au moment où grandissent les inégalités, les incertitudes et le sentiment de déclassement ». Et de lister plusieurs mesures : « Augmentation du Smic, justice fiscale, redressement industriel et écologique pour préparer l’avenir » du pays sont au programme du candidat. « J’ai la conviction que le rassemblement de la gauche et des écologistes est la seule méthode pour gagner face à la droite et l’extrême droite », souligne aussi le député de Seine-et-Marne, mettant en avant sa capacité « à rassembler la gauche ». Lui plaide pour un rassemblement de toutes les forces de gauche aux législatives.