Présidentielle. « Parrainer un candidat, c’est se positionner » : en Finistère, ces nouveaux maires à l’heure du choix
Les sollicitations sont arrivées parfois très tôt, sur les bureaux de ces nouveaux maires du Finistère. La première, c’était fin mars 2026, un dentiste, il me semble, se rappelle Mary Coxall Philippe, qui vivait alors ses premiers jours de maire de Pont-de-Buis-lès-Quimerch.
Depuis, d’autres demandes de parrainages à l’élection présidentielle sont arrivées, peut-être cinq ou six, poursuit l’édile, étonnée par la variété des formats que prennent ces demandes, du simple mail à la lettre, en passant par le petit magazine ».
« Je ne pense pas qu’on perde du temps à ça »
Mary Coxall Philippe a beau administrer une commune de 3 600 habitants, sa voix pèse autant que celle d’une métropole. Et cela, les aspirants à l’Élysée, petits ou gros, l’ont bien compris. D’où ce démarchage intensif, depuis des mois, pour tenter d’obtenir les 500 signatures essentielles au dépôt de candidature auprès du Conseil constitutionnel.
Mais ces candidats n’ont sans doute pas tapé à la bonne porte, à Pont-de-Buis : Si on décidait de donner un parrainage, on le ferait en équipe, seulement après une grosse discussion et peut-être une rencontre avec le candidat. Mais je ne pense pas qu’on perde du temps à ça. Ce n’est pas notre enjeu, ici, et je ne voudrais pas mettre mon équipe en difficulté sur un sujet qui ne va rien changer à notre quotidien.
« On reçoit des demandes un peu farfelues »
Le « dentiste » qui lui a écrit le premier, c’est Guido Raeymaekers, qui exerce à Caen, en Normandie, et se présente sous l’étiquette de l’Union cincinnatiste, avec l’espoir d’instaurer un gouvernement technique composé d’experts. Ce candidat a également sollicité Anne-Lise Jacq, qui entame elle aussi son premier mandat à la tête de la mairie d’Henvic, commune de quelque 1 200 âmes près de Morlaix. On reçoit des candidatures un peu farfelues. Il y a aussi eu le successeur d’Arlette Laguiller (NDLR : Nathalie Arthaud). Ces gens ont l’air sympathiques, mais ça ne me parle pas, sourit la Léonarde.
Élue sur une liste sans étiquette – c’était le deal pour m’accompagner – Anne-Lise Jacq n’a, pour autant, jamais caché pencher à droite et réfléchit à donner son parrainage à Edouard Philippe, voire Gabriel Attal. Mais il faut que j’adhère au programme. Je ne veux pas gâcher ce pouvoir qui nous est donné. Qu’il s’agisse des retraites, des impôts, etc., toutes les décisions prises là-haut redescendent dans notre mairie.
« Ce serait mal interprété par les habitants »
Une prise de position qui tranche, par rapport à celles des autres néo-maires sans étiquette, croisés lors du Carrefour des Communes, jeudi 1er octobre 2026, à Brest. Ils sont nombreux, en effet, à ne pas souhaiter utiliser cette possibilité offerte aux premiers édiles de France. Pour l’instant je me réserve le droit de ne pas parrainer, de continuer cette indépendance de ligne dans une commune où on retrouve toutes les sensibilités, justifie ainsi Stéphane Bergot, maire de Bourg-Blanc.
La seule chose qui pourrait le faire changer d’avis serait que son parrainage permette que la pluralité des sensibilités soit représentée. Avec encore un bémol : Pour donner de la légitimité aux personnes qui se présentent, ce qui est important vu la situation actuelle du pays, je pense qu’il faudrait cinq à dix candidats maximum.
À Saint-Pabu, commune voisine, c’est cette fois-ci totalement tranché. Ni Xavier Bertrand (qui, bien que pas encore officiellement candidat, a sollicité le maire, Pierre-Yves Roudaut) ni les autres, n’auront son parrainage : On est élus sans étiquette, et parrainer, c’est se positionner. On n’a pas à le faire, vis-à-vis des habitants, ce serait mal interprété.