Présidentielle. « Il n’y a pas de boulot pour un gars de mon âge » : les habitants racontent leurs vraies préoccupations
Pendant dix jours, les journalistes Yan Gauchard et Brice Bacquet sillonnent les routes du nord de la Loire-Atlantique à vélo. Une vingtaine de kilomètres sont parcourus chaque jour pour aller à la rencontre des habitants et échanger sur leurs préoccupations.
À chaque étape, un thème de société est abordé : emploi, logement, santé, agriculture, mobilité, environnement ou encore services publics. L’idée est simple : raconter la présidentielle depuis les territoires ruraux et mesurer la place qu’occupe réellement la politique dans le quotidien des habitants. N’hésitez pas à poser vos questions, à apporter votre témoignage ou à nous conseiller une étape en Loire-Atlantiqueen nous écrivant via ce formulaire ou par mail à rédaction.web@presse-ocean.com.
À Jans, la sécheresse s’invite dans la discussion
Halte à Jans, au bord du Don. En ce début d’octobre, les conséquences de la sécheresse restent visibles. Yann et Philippe, deux agents communaux, s’activent pour enlever le brou, espèce proche du lierre, qui menace de coloniser les pierres du pont enjambant la rivière
En installant son échelle dans le lit du Don, Yann constate le faible niveau de l’eau. En temps ordinaire, à cette époque, on ne devrait pas pouvoir être là, mais c’est un filet d’eau…
Le quinquagénaire observe la situation avec pragmatisme. La présidentielle, en revanche, ne suscite guère son intérêt. Je me fous complètement de la présidentielle, lâche-t-il. À ses yeux, le scrutin changera peu de choses à son quotidien. La vie à Jans lui convient ainsi : C’est la campagne, c’est bien, c’est tranquille. On a tout, pas trop loin.
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Emploi, carburant : des préoccupations bien concrètes
À quelques mètres de là, Philippe manie sa débroussailleuse. Ancien plombier-chauffagiste, il travaille pour quatre mois à la commune de Jans. Un emploi provisoire qu’il apprécie pour sa proximité avec son domicile de Treffieux. C’est parfait vu le prix du carburant, résume-t-il.
La question de l’emploi reste pourtant présente. Inscrit auprès d’une agence d’intérim de Nozay, il dit ne plus se faire beaucoup d’illusions. Ils ne me rappellent jamais. Ils n’ont pas de boulot pour un gars de mon âge.
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Une défiance envers la politique
Comme Yann, Philippe ne se montre guère enthousiaste à l’idée du prochain scrutin présidentiel. Moi et la politique, ça fait deux, explique-t-il, avant d’ajouter : Ce sont tous des menteurs.
Les difficultés de fin de mois
Étape à Lusanger. Nicolas Oudin, 48 ans, ouvrier avicole. Sa préoccupation, c’est le pouvoir d’achat. Il a subi deux licenciements économiques dans sa carrière. Son salaire oscille entre 1600 et 1 800 €, selon les mois et les heures travaillées. Père de deux enfants, il confie les difficultés à boucler les fins de mois. Je ne fais plus de sorties, plus de resto, plus de ciné. Ça ne passe plus dans le budget.
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À partir du 19 octobre, un reportage, avec les témoignages complets, sera publié chaque lundi dans Presse Océan, sur le site internet et l’application du journal. Chaque étape donnera lieu à une double page et à une vidéo. Des contenus courts, des témoignages et des micro-trottoirs seront également diffusés sur les réseaux sociaux pendant le périple. N’hésitez pas à vous connecter à notre page Facebook afin de participer aux échanges.