Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Présidentielle et budget : des paroles et des actes

Les Échos · 13/10/2026 · ← revue

Par Isabelle Ficek

En matière budgétaire, alors que les débats en séance à l'Assemblée commençaient ce mardi soir, les bonnes nouvelles sont rares pour ne pas dire inexistantes. L'ambiance, lourde. « Le réel nous rattrape », a plusieurs fois alerté Sébastien Lecornu, tant les taux ont augmenté et avec eux, le poids de la dette. Les marchés nous regardent. Ils regardent aussi, bien sûr, les programmes des candidats à la présidentielle. Et à bientôt six mois du scrutin, on peut tenter, une fois n'est pas coutume, de voir le verre à moitié plein : aucun d'entre eux ne nie qu'il faudra trouver dans le quinquennat qui vient au moins 120 milliards d'euros. Quelque 140 milliards même, clame désormais Marine Le Pen ! Qui dit mieux ? 197 tranche Bruno Retailleau… Remettre de l'ordre dans les comptes publics, tous sans exception, ont désormais l'expression à la bouche.

Afficher le sérieux ne le garantit pas

Evidemment, il est davantage question - parfois jusqu'à la caricature - d'économies et de baisses d'impôts du côté droit du spectre politique, et de recettes du côté gauche. C'est le jeu du débat de la présidentielle et des choix de société qu'il propose. Verre à moitié vide, afficher le sérieux ne le garantit pas. La trajectoire proposée par Marine Le Pen n'a convaincu ni les économistes ni nombre de chefs d'entreprises. Idem de l'autre côté du spectre, avec l'annulation d'une partie de la dette de Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, le débat budgétaire qui s'ouvre, sans aucune majorité, n'a pas vocation à trancher avant l'heure les choix de la présidentielle. Mais les votes et amendements des uns et des autres seront lus comme autant de signaux. En témoignent les 10 milliards d'euros d'économies supplémentaires - sur l'Etat et les dépenses sociales - proposées par les députés d'Edouard Philippe. A ce titre, la motion de rejet préalable défendue ce mardi soir par les députés socialistes n'est pas une bonne nouvelle pour le poids qu'exerce sur eux leur candidat Raphaël Glucksmann. François Hollande a décidé de ne pas la voter. Une manière de se poser au-dessus de la mêlée.

Décalage qui nourrit la défiance

Des candidats font passer des consignes pour ne pas être en porte-à-faux entre vote des troupes et projet. C'est un sujet entre autres pour Bruno Retailleau, pas toujours suivi à l'Assemblée. Et s'il prône des économies drastiques, ses troupes refusent les efforts demandés aux retraités dans la copie du gouvernement, pourtant inspirés en partie du Sénat. Des paroles et des actes. Les efforts sont rarement populaires mais le décalage entre les discours de conquête et la réalité au pouvoir nourrit les désillusions et la défiance des Français. Le redressement ? Nécessaire pour éviter l'étouffement qui empêche tout gouvernement d'agir et, surtout, plaide ce mardi le patron d'Euronext Stéphane Boujnah (sur France inter), possible avec un cocktail de baisse de dépenses, hausse de certains prélèvements et soutien à la croissance. Les Français incapables de faire des sacrifices ? Si, pointe-t-il, on a fait tous ensemble le sacrifice de nos propres enfants. On aimerait que le débat présidentiel leur propose un autre horizon.

Isabelle Ficek