Présidentielle. Comment David Lisnard veut transformer sa percée sur les réseaux sociaux en maillage du « pays du réel »
Accélération des adhésions, maillage renforcé sur le terrain et un grand meeting à Lyon en décembre : après sa percée sur les réseaux sociaux, le candidat libéral à la présidentielle David Lisnard structure sa campagne pour se rapprocher de ce qu’il appelle le pays du réel.
Avec près de 110 000 adhérents revendiqués sur son site internet, le parti de David Lisnard Nouvelle Énergie (NE) est devenu le deuxième en nombre d’adhésions payantes derrière le Rassemblement national et devant son ex-parti Les Républicains (LR) qui en comptait près de 75 000 au printemps (les adhésions à LFI ne sont-elles pas payantes).
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Le candidat lui-même se dit surpris et avoue qu’il misait sur 60 000 membres à la fin de l’année, puis il a relevé son objectif à 100 000 pour Noël, chiffre qu’il a donc atteint deux mois plus tôt que prévu.
Ces adhésions sont forcément payantes, assure son entourage qui rappelle qu’un minimum de 20 € est requis, même si certains chez LR émettent des doutes sur cette accélération. La désaffection des partis politiques est telle aujourd’hui que passer de 30 000 à plus de 100 000 membres en si peu de temps, ça me fait penser à du storytelling, minimise un cadre des Républicains.
Dans les sondages, il y a une dynamique : testé depuis un mois environ, le maire de Cannes réalise une percée, selon le directeur de l’Ifop Frédéric Dabi, dont la dernière enquête pour LCI publiée mardi 3 novembre le donne devant le candidat de LR, Bruno Retailleau, dans toutes les configurations.
Rappelons que David Lisnard a claqué la porte des Républicains au printemps après leur refus d’organiser une primaire.
Après une campagne efficace sur les réseaux sociaux, avec la diffusion de nombreuses vidéos, David Lisnard ouvre désormais une nouvelle étape, celle de l’intensification du travail sur le terrain.
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La députée Alexandra Martin, qui siège au groupe LR sous les couleurs de Nouvelle Énergie, met en avant le maillage très fin du terrain avec 200 relais qui sont actifs sur tout le territoire y compris dans les Outre-Mer et auprès des Français de l’étranger.
Cela fait des mois que l’on s’organise avec un travail en amont, explique David Lisnard, qui transpose à l’échelon national la stratégie qu’il avait mise en place en 2014 avec la création de son mouvement pour remporter la mairie de Cannes face à Philippe Tabarot, qui faisait alors partie de l’UMP comme lui.
Alexandra Martin a d’ailleurs réuni une quinzaine de députés LR mardi à Paris autour du candidat, parmi eux Élisabeth de Maistre (Hauts-de-Seine), Ian Boucard (Belfort) ou encore Julien Dive (Aisne), proche de Xavier Bertrand.
Capitaliser sur l’image de nouveauté et de radicalité
Les élus ont de la curiosité, car ils entendent parler de lui en circonscription, explique un parlementaire, qui estime que le candidat commence ainsi à faire un travail de réseautage qu’il n’a pas fait jusqu’à présent.
David Lisnard, 57 ans, espère ainsi capitaliser sur l’image de nouveauté et de radicalité qu’il a réussi à projeter en ce début de campagne, en poussant des idées économiques libérales. Sur le terrain, le maire de Cannes participe à des réunions publiques comme en septembre à Benfeld (Bas-Rhin), où plus de 1 000 personnes se sont retrouvées.
Ce n’est pas facile de réunir autant de monde, reconnaît un membre de LR qui compare cette affluence à celles moins fortes lors du duel l’an dernier entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez pour la présidence du parti.
David Lisnard a d’ores et déjà annoncé un grand meeting le dimanche 13 décembre à Lyon dans une salle de 3 000 personnes.
Mais le maire de Cannes peut aussi compter sur ses relais sur le terrain. Sous des noms aussi différents que « after-work », « apéritif » ou « bureau politique », son parti en organise pas moins de quatre ce mercredi 4 novembre à Bruxelles, à Saint-Julien-du-Saut (Yonne), Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et dans le XIXe arrondissement à Paris.
Jeudi 29 octobre, près de 300 personnes se sont retrouvées à une réunion publique à Saint-Pourçain (Allier).