Présidentielle 2027 : une « coalition » de David Lisnard à Raphaël Glucksmann ? L’idée d’Emmanuel Macron ne convainc pas
Après deux mandats, Emmanuel Macron ne peut plus se représenter, mais il compte bien influer sur le cours de la campagne présidentielle à venir au printemps 2027. Il a laissé filtrer jeudi 5 novembre 2026 son idée de « coalition », qui permettrait de déjouer le duel Marine Le Pen - Jean-Luc Mélenchon au second tour.
Le président sortant, qui s’est assigné un rôle de « garant » de la bonne tenue du scrutin, « ne se résout pas à un duel LFI/RN », a rapporté à l’Agence France-Presse (AFP) un de ses proches interlocuteurs. Il « pense que sur l’Europe, l’État de droit, l’économie de marché, le rejet des extrêmes, ce qui unit de Lisnard à Glucksmann est plus fort que ce qui divise. Dans un contexte de tripartition, ces forces-là doivent donc assumer qu’elles auront à travailler ensemble et le faire dès aujourd’hui dans une logique de coalition. »
Trouver un « mode de départage »
Qui pour conduire cette coalition vers la présidentielle ? Il leur reviendra de trouver « un mode de départage », a répondu cet interlocuteur. Pourtant, les appels aux primaires ne semblent pas trouver d’écho au sein des candidats. Édouard Philippe, qui avait tenté en vain d’organiser une telle réunion - excluant Raphaël Glucksmann - pour discuter du « fond » et « créer du commun avant de jouer les différences », a « regretté » jeudi de n’avoir « pas eu beaucoup de réponses ». L’entourage de l’ancien Premier ministre a aussi martelé que son champion « ne veut pas commenter les idées du président de la République », préférant être « tourné vers l’avenir ».
« Le sujet n’est pas “Macron ou pas Macron”, il assume seul son bilan et ils sont donc totalement libres de s’en affranchir », répond l’interlocuteur du chef de l’État.
Le candidat Horizons a pourtant lui même refusé la proposition de primaire du centre et de la droite formulé par Gabriel Attal. L’entourage de ce dernier note à l’AFP qu’il a « toujours évoqué l’idée d’un rassemblement le plus large possible ». Gabriel Attal jugeait encore la primaire de la droite et du centre « inéluctable », même après le refus d’Édouard Philippe, lundi 2 novembre.
Le dirigeant du MoDem, Marc Fesneau, approuve, lui, l’idée d’une « convergence sur le projet et le fond, pour bâtir une coalition de projet », comme « base » pour la « convergence sur une candidature », dit-il à l’AFP.
Une proposition morte née ?
Mais la recommandation du chef de l’État ne convainc pas les autres candidats à la présidence qui ont été interrogés. « Emmanuel Macron a voulu faire une espèce de grand centre mou. Quelle était la conclusion ? C’est que les deux ailes radicales à droite et à gauche, LFI et le RN, ont poussé », a déclaré jeudi Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains. « Eh bien, si vous faites ça demain, alors là vous donnez un ticket pour M. Mélenchon et pour Mme Le Pen », a-t-il ajouté.
David Lisnard rejette aussi constamment tout rapprochement trop inspiré de dix années de macronisme.
« Ceux qui ont mis le pays dans cet état ne sont pas une solution. Ni une alternative. Nous n’avons jamais cru à la grande confusion du macronisme », a déclaré de son côté Pierre Jouvet, porte-parole de Raphaël Glucksmann, assurant à l’AFP que son candidat ne se sent pas « concerné par ces tentatives désespérées ».
Un cadre du bloc central reproche au chef de l’État de ne pas avoir lui-même suivi cette logique de coalition au moment de trouver une majorité après la dissolution de l’Assemblée en juin 2024. Plusieurs membres du camp présidentiel reprochent au chef de l’État de n’avoir jamais sérieusement tenté de bâtir une coalition comme dans les pays voisins, en Allemagne ou en Italie, où les forces politiques négocient des semaines durant pour aboutir à un programme commun.
L’AFP note qu’en poussant cette solution, « le président de la République risque d’être inaudible, tant les candidats veulent marquer la rupture ». Le chef de l’État vient par ailleurs de battre son propre record d’impopularité avec 13 % de cote de confiance, d’après la dernière édition du baromètre de l’institut Elabe publiée ce jeudi. Le précédent record, 14 %, est partagé par Emmanuel Macron en octobre 2025 et François Hollande, en novembre 2016.