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Présidentielle 2027 : Sarah Knafo lance la précampagne de Reconquête et d'Eric Zemmour avec son livre

Les Échos · 04/09/2026 · ← revue

Par Anne Feitz

Eric Zemmour se prépare en coulisses, mais c'est sa compagne, Sarah Knafo, qui prend toute la lumière médiatique en cette rentrée politique. Et ce, même si le président de Reconquête a laissé entendre, jeudi à la foire agricole de Châlons-en-Champagne, qu'il annoncerait « avant décembre » sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Car ces derniers jours, c'est une Sarah Knafo très souriante qui enchaîne les interviews à l'occasion de la parution de son livre, « Le Casse du siècle » (Fayard). Une violente diatribe contre l'Etat, qu'elle accuse, au fil de ses 300 pages construites à la manière d'une enquête policière, de dilapider l'argent des contribuables dans les méandres d'une bureaucratie administrative incontrôlée.

Propositions chocs

Sortie de l'ombre à l'occasion des européennes et des dernières municipales (elle a obtenu 10,4 % à Paris au premier tour), l'eurodéputée de 33 ans assure qu'il ne s'agit pas du programme économique du parti d'extrême droite. Elle n'en avance pas moins 15 propositions chocs, à l'appui de sa thèse très libérale, anti-impôts et anti-gabegie. Citant les politiques de Jacques Rueff en 1958 ou de Javier Milei en Argentine, elle veut supprimer l'impôt sur les successions ou la CSG activité, tout en sabrant dans les dépenses de l'Etat. Sa recette ? Ne pas remplacer 800.000 fonctionnaires (sur un quinquennat), limiter les prestations sociales non contributives aux citoyens français, supprimer l'aide publique au développement, entre autres - un plan à 130 milliards d'euros dont la crédibilité reste toutefois encore à démontrer… « Avec ce livre, j'essaie d'imposer quelques sujets, ensuite viendra le temps du programme », a-t-elle insisté sur LCI, jeudi soir, éludant à nouveau les questions récurrentes sur sa propre ambition. Eric Zemmour « est le candidat naturel » de Reconquête, s'est-elle contentée de répéter. Il n'est pas mentionné dans l'ouvrage ? « C'est qu'il n'est pas coupable », assure-t-elle. Dans leur entourage, on croit savoir que la question est tranchée : il sera bien candidat en 2027, elle se réserve pour 2032.

Echec en 2022

La véritable rentrée de Reconquête et d'Eric Zemmour se fera aux universités d'été des 12 et 13 septembre à Port-Marly. Malgré son échec en 2022 (où il n'a obtenu que 7 % au premier tour), malgré l'avance incontestable du Rassemblement national (RN) dans les sondages, l'ex-journaliste identitaire et conservateur espère toujours séduire en agitant ses thèmes favoris : rejet de l'islam, grand remplacement ou remigration. Il veut croire que la décision de Marine Le Pen de se présenter en 2027 lui ouvre un espace politique qu'il aurait eu plus de mal à occuper en cas de candidature de Jordan Bardella, réputé plus libéral. Quitte à laisser sa compagne, énarque et ancienne magistrate à la Cour des comptes, s'approprier les questions économiques. « Sarah est plus identifiée sur ces sujets, tandis que lui est plus marqué sur les aspects identitaires », reconnaît-on en interne. Pour preuve, poursuit la même source, son livre s'arrache comme des petits pains. Son éditeur, Fayard (propriété du groupe Bolloré, qui la soutient), vient même de lancer une réédition de 100.000 exemplaires, après un premier tirage équivalent, a affirmé jeudi soir Sarah Knafo, qui enchaîne maintenant les séances de dédicaces.

Union des droites

Elle aussi prône « l'union des droites », tendant désormais ostensiblement la main au RN. Ou plutôt à son président. Sur LCI, elle n'a pas exclu de rejoindre un gouvernement dirigé par Jordan Bardella, « si nos convictions sont alignées ». Elle ne désespère pas d'imposer sa vision libérale, qu'elle juge « beaucoup plus crédible » que celle de Marine Le Pen, plus sociale et étatiste. « J'espère qu'on pourra tous se retrouver au deuxième tour », a-t-elle lancé. Un appel du pied toujours pris de haut par les cadres nationalistes. « De l'esbroufe… », balaie l'un d'eux. « Au pire, ils feront quelques points au premier tour, qui nous feront une réserve de voix au second… ».

Anne Feitz