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Présidentielle 2027. « On a des choses à dire » : comment les petits candidats glanent les 500 signatures ?

Ouest-France · 09/10/2026 · ← revue

On n’a pas de député, on n’a pas de parlementaire, on est obligé de chercher des parrainages, explique Maryse Brutout, conseillère municipale Lutte ouvrière du Grand-Lucé. Elle écume les mairies depuis le printemps 2026 à la recherche de promesses de parrainages pour Nathalie Arthaud : On prend notre voiture et on essaime dans tous les départements de la France. Je fais la Manche et la Sarthe.

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On cherche des maires qui acceptent le geste démocratique, même s’ils ne partagent pas le reste de nos idées. De toute façon, on ne sera jamais élu ! Mais on a quelque chose à dire. C’est dans ce sens-là qu’on veut se présenter », précise la militante. Elle ne contacte pas les maires au hasard : S’ils ont soutenu Le Pen ou Macron la dernière fois, on n’y va pas. La liste des parrainages accordés lors du précédent scrutin est consultable sur le site internet du Conseil constitutionnel.

« Je vais sur place, ce que les maires apprécient »

J’ai déjà vu une bonne quarantaine de maires, indiquait Maryse Brutout, début septembre. J’y ai passé quatre jours en mai-juin. En septembre, je retourne voir les hésitants. En cas d’accord, c’est une promesse écrite, puis on y retourne en février, au moment du recueil officiel des parrainages. Celui-ci dure quatre semaines, jusqu’au 12 mars 2027.

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Maryse Brutout ne procède pas par mail : Je vais sur place, ce que les maires apprécient. On vient à l’improviste. On est bien reçu , affirme-t-elle, ajoutant avoir des conversations avec les maires sur les salaires qui n’augmentent pas, la vie chère, la guerre qui se profile… On explique pourquoi on veut se présenter. Ce sont les travailleurs qui font tourner la société, mais la valeur de notre travail s’en va chez les actionnaires. Après, quand on dit qu’il faut renverser la société pour que ce soit les travailleurs qui la dirigent, ça va un peu plus loin…, dit-elle dans un éclat de rire, consciente que le discours effraye certains élus.

Voilà une quinzaine d’années que cette retraitée part à la chasse aux parrainages tous les cinq ans. En 2022, elle a rencontré une bonne quarantaine de maires et collecté un parrainage. C’est beaucoup d’énergie, commente-t-elle. Les maires sont de plus en plus apolitiques et rechignent à s’afficher ouvertement. Un parrainage peut parfois nuire à la réputation d’un élu et le dissuader de rempiler.

Sébastien Bonnal, candidat sans parti : « J’ai envoyé 30 000 mails »

Employé au rayon froid d’un supermarché à Amsterdam, Sébastien Bonnal aimerait se présenter à l’élection présidentielle. J’ai envoyé 3 000 lettres au printemps et plus de 30 000 mails - à tous les maires de France - en août-septembre, indique-t-il. Je paye 350 € par mois un fournisseur de services de campagne d’e-mails. Ça me permet d’envoyer un mail à beaucoup de personnes. J’ai récupéré les adresses électroniques sur le site du ministère de l’Intérieur, j’ai fait des copiés collés.

Finalement, seules 27 200 adresses mail étaient valides. Sur ces 27 200 mails, 10 000 ont été ouverts, ajoute le prétendant à l’élection, qui a reçu peu de réponses : Les maires se disent apolitiques et ne veulent pas parrainer. D’autres me disent qu’ils consulteront leur conseil municipal. Devant cet échec, Sébastien Bonnal a tenté de se présenter à la primaire de la gauche… Mais je n’ai pas eu les parrainages.