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Présidentielle 2027 : Olivier Faure se lance, Raphaël Glucksmann sur sa route

Les Échos · 31/08/2026 · ← revue

Par Hadrien Valat

S'il n'est plus prophète en son pays, Olivier Faure, en minorité dans son propre parti, a toujours les moyens de jouer les trouble-fêtes. En témoigne sa dernière ruse en date, vendredi, au campus du PS à Blois : alors que Raphaël Glucksmann parade en terrain conquis devant soutiens, journalistes et militants, le premier secrétaire déboule au milieu de la foule, interrompant les étreintes et les mots doux, et s'arrogeant du même coup l'attention des caméras. Une sorte de premier round qui annonçait le duel entre les deux hommes : Olivier Faure a officialisé sa candidature à la présidentielle, et donc à la primaire du pôle socialiste, dimanche soir au journal de 20 heures de TF1. Le patron du PS ambitionne de « tout reconstruire, tout rebâtir, tout réparer » pour faire advenir une « France plus juste ». Il en a profité pour distiller quelques-unes de ses priorités, aux premiers rangs desquelles l'augmentation des bas salaires, la transformation écologique ou encore l'école. VIDEO - Comment les candidats de la présidentielle financent-ils leurs campagnes ?

« Ne pas le sous-estimer »

Olivier Faure rejoint dans la course à l'investiture sociale-démocrate le leader de Place publique, mais aussi Ségolène Royal ainsi que les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj. A la tête du PS depuis huit ans, le député de Seine-et-Marne avait, en 2022, laissé le soin à Anne Hidalgo de mener la campagne présidentielle, qui avait tourné à la débâcle. Cette fois-ci, pas question de se défiler. « J'ai beaucoup travaillé, j'ai beaucoup écouté, beaucoup réfléchi, je suis prêt », a-t-il confié à « La Tribune Dimanche ». A la peine dans les enquêtes d'opinion, Olivier Faure part en outsider face au favori Raphaël Glucksmann, qui bénéficie de sondages à deux chiffres. « Entre quelqu'un qui est à 0 % et l'autre à 15, y'a pas match », annonce déjà l'eurodéputé François Kalfon, soutien de l'essayiste. Mais attention à l'excès de confiance, « les socialistes peuvent être facétieux », prévient un cadre proche de François Hollande : « Sur le papier, Raphaël compte plus de soutiens, mais sa candidature ne va pas être un long fleuve tranquille. Faure a l'appareil et ne doit pas être sous-estimé. » Stratège hors pair, selon ses amis comme ses adversaires, le patron du PS s'est fait réélire trois fois à la tête du parti, même quand les pronostics le donnaient battu. « N'écoutez pas les ricaneurs, les analyses, les sondages […]. Je me souviens que François Hollande a commencé à 3 % et qu'il est devenu président de la République », a martelé Olivier Faure, samedi, à l'occasion de son discours de clôture des journées d'été socialistes. « Rien ne se passe jamais comme prévu ! », a-t-il lancé.

Discours identitaire

Pour créer la « surprise », Olivier Faure peut jouer sur l'identité socialiste, une corde sensible de nombreux militants du parti à la rose, qui ont toujours eu un candidat maison pour qui voter à la présidentielle (Raphaël Glucksmann n'a jamais voulu adhérer). « Glucksmann ne vient pas du socialisme » alors qu'« Olivier, il était avec Rocard pour le RMI, avec Aubry pour les 35 heures, il était là pour le mariage pour tous », liste ainsi un lieutenant fauriste. Face à l'eurodéputé qui s'est érigé en candidat anti-Mélenchon, et qui a très peu goûté à l'expérience du Nouveau Front populaire, le Premier secrétaire du PS, proche des Ecologistes et des ex-Insoumis, mise aussi sur l'aspiration des électeurs à l'unité de la gauche, qu'il a défendue sans discontinuer depuis 2018. Olivier Faure souhaitait d'ailleurs l'organisation d'une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche, sans obtenir gain de cause. Il faudra finalement être adhérent d'une des formations organisatrices ou débourser 15 euros pour avoir le droit de voter. Sur le papier, cette configuration favorise plutôt son rival de chez Place publique. Dans un camp comme dans l'autre, les socialistes partagent en tout cas ces jours-ci la satisfaction d'être « revenus au centre du jeu » à la faveur de l'organisation du scrutin. Et jurent (mais peut-on les croire ?) que la campagne des prochaines semaines se fera dans les règles de l'art et sans « sang sur les murs », selon les mots d'Olivier Faure.

Hadrien Valat