Présidentielle 2027 : malgré la morosité ambiante, pourquoi les candidats ont-ils de l’optimisme à revendre ?
À moins de six mois du scrutin présidentiel, malgré la vie chère, la contestation lycéenne, les violences urbaines du 17 octobre, plusieurs candidats à l’Élysée ont de l’optimisme à revendre. Et cela s’entend de plus en plus dans leurs discours.
Ainsi, cinq ans après les « jours heureux » du communiste Fabien Roussel et son rêve éveillé d’un pays « fraternel, bienveillant, où l’égalité entre les êtres humains et la dignité au travail seraient une réalité », Marine Le Pen défend le concept de la France des beaux jours : « Je crois en mon pays, à son redressement, au bonheur des Français ». Un projet « fédérateur », insiste la cheffe du Rassemblement national.
De son côté, Gabriel Attal (Renaissance) veut donner de « l’espoir. Je laisse à d’autres le sang et les larmes ». Un optimisme qu’il partage avec Edouard Philippe (Horizons) : « La France a tout pour réussir, haut les cœurs », martèle le maire du Havre… à mille lieues de la radicalité de Jean-Luc Mélenchon (LFI), prônant, lui, une « nouvelle France faite de ruptures, plus métissée, plus jeune, plus populaire ».
« Dur et positif »
En expliquant à leurs électeurs que « demain sera mieux qu’aujourd’hui », Marine Le Pen, Gabriel Attal, Edouard Philippe, et même Jean-Luc Mélenchon à sa manière, surjouent-ils la confiance ou croient-ils vraiment aux temps meilleurs ?
« Quand on est candidat à l’élection nationale, on ne peut pas être dur ou positif. Il faut être les deux, juge Philippe Moreau Chevrolet, expert en communication politique. C’est le moyen de parler à tout le monde et d’attirer à soi les Français modérés. Il est toujours important de dire aux électeurs que la lumière existe au bout du tunnel et qu’il est donc impératif d’aller voter. »
Des propos auxquels adhère Virginie Martin. Selon la politologue, chaque candidat doit mettre en avant l’émancipation, le progrès. « C’est le seul moyen d’embarquer le peuple derrière soi. La morosité génère toujours de l’anxiété ». Le maire socialiste de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Karim Bouamrane, l’a compris. Candidat à la présidentielle, il publie un livre, le 5 novembre, dans lequel il fait l’éloge… du droit au bonheur.