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Présidentielle 2027 : les candidats n’ont plus que quatre mois pour trouver les 500 parrainages nécessaires avant le premier tour - Le Parisien

leparisien.fr · 06/11/2026 · ← revue

Une campagne dans la campagne. En plus d’essayer de convaincre des millions de Français d’ici le premier tour de l’élection présidentielle 2027, les nombreux candidats à l’Élysée et leurs équipes sillonnent le pays pour recueillir les précieux « parrainages » d’élus afin de pouvoir officiellement se présenter. 500 signatures de maires, députés, de sénateurs ou de conseillers départementaux et régionaux sont nécessaires pour pouvoir figurer sur la ligne de départ. Pour 2027, ils devront tous être envoyés depuis au moins 30 départements au Conseil constitutionnel d’ici le vendredi 12 mars.

Les gros partis favorisés

Sur les 34 candidats déclarés à l’élection présidentielle, seulement une poignée issus des partis les plus implantés dans le pays sont garantis d’avoir leur nom sur les bulletins de vote le dimanche 18 avril 2027. C’est le cas notamment de Bruno Retailleau. Le patron des Républicains pourra compter sur les centaines d’élus locaux LR et les quelque 171 parlementaires que compte son parti. En 2022, Valérie Pécresse avait été la candidate à recevoir le plus de parrainages, avec 2 636 signatures. Le constat est identique pour Raphaël Glucksmann. Le candidat Place publique est soutenu par le PS, qui revendique 800 maires, 600 conseillers départementaux et 240 conseillers régionaux.

David Lisnard assuré d’être sur la ligne de départ

Bien qu’il ait quitté LR, David Lisnard (Nouvelle Énergie) sera aussi en mesure d’être sur la ligne de départ. Il a annoncé en septembre qu’il avait déjà obtenu « 500 promesses de parrainage ». Formalité également pour Édouard Philippe, dont le parti Horizons revendiquait au lendemain du premier tour des élections municipales l’élection de plus de 400 maires. Gabriel Attal (Renaissance) a lui reçu mi-mai le soutien de 500 élus locaux… Mais tous n’étaient pas maires. Reste que le patron du parti présidentiel devrait être en mesure de convaincre le quart des 2 098 élus qui avaient parrainé Emmanuel Macron en 2022. À l’extrême droite, Marine Le Pen, qui comptait en septembre plus de 400 signatures, est elle aussi quasi-assurée d’être candidate. Le Rassemblement national s’est renforcé lors des municipales en mars et des sénatoriales en octobre. Désormais allié à l’UDR d’Éric Ciotti, il devrait pouvoir obtenir les 500 parrainages plus facilement que lors des précédentes campagnes. Difficultés pour Jean-Luc Mélenchon ? À l’inverse, certains cadres Insoumis insistaient en septembre sur la difficulté à récolter les 500 parrainages. « Ce n’est pas une formalité », reconnaissait auprès du Parisien Manuel Bompard. Reste que, en 2017 et en 2022, Jean-Luc Mélenchon avait largement dépassé le seuil nécessaire, obtenant 805 puis 906 parrainages. À gauche, plusieurs candidats pourraient ne pas obtenir le nombre minimal requis, comme François Ruffin (Debout !) qui s’est dit ce vendredi prêt à se retirer de la course. C’est le cas également de Marine Tondelier, qui pourrait voir les 712 soutiens de Yannick Jadot en 2022 préférer Jean-Luc Mélenchon ou Raphaël Glucksmann. Le sénateur de Paris a d’ailleurs décidé de rallier l’eurodéputé Place publique. En revanche, Fabien Roussel (PCF) qui avait obtenu 626 parrainages il y a quatre ans, devrait être en mesure de se représenter. Signe de la confiance du candidat communiste : il a annoncé cette semaine un grand meeting à Marseille « juste avant le premier tour ». À l’extrême gauche, Lutte Ouvrière, représentée une nouvelle fois par Nathalie Arthaud, a toujours réussi à obtenir les précieuses signatures depuis 1974. À l’autre bout du spectre politique, Éric Zemmour avait obtenu en septembre 350 promesses de parrainages, selon son entourage cité par l’AFP. « Les 500 parrainages ne doivent pas devenir un instrument de verrouillage démocratique » Pour tous les autres candidats, la tâche s’annonce difficile, quelle que soit leur orientation politique. À l’exception de 2002, il n’y a jamais eu plus de 12 candidats lors d’une élection présidentielle sous la Ve République. Certains, comme François Asselineau (UPR) ou Nicolas Dupont-Aignan (DLF), ont déjà réussi à se « qualifier » au premier tour et pourraient renouveler cette performance. D’autres ont déjà échoué en 2022 et entendent faire mieux cette fois-ci. C’est le cas d’Anasse Kazib (Révolution Permanente), qui avait recueilli 160 parrainages il y a quatre ans. Lui et Selma Labib (NPA-Révolutionnaires) pourraient toutefois bénéficier de la non-candidature de Philippe Poutou, qui a décidé cette année de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon. Quant à Dominique de Villepin (La France Humaniste), il a annoncé déjà « dépassé la barre des 300 signatures » d’élus en vue de sa potentielle candidature. De son côté, Jean Lassalle (Résistons !) devrait se rendre au congrès de l’Association des maires de France (AMF) en novembre pour « convaincre le plus grand nombre d’édiles de lui apporter leur parrainage », révèlent nos confrères de Sud-Ouest. Quant à Natacha Polony, dernière prétendante à l’Élysée, elle a annoncé ce jeudi avoir reçu 187 promesses de signatures. « Les 500 parrainages ne doivent pas devenir un instrument de verrouillage démocratique », a-t-elle plaidé sur X, appelant David Lisnard, le patron de l’AMF à « prendre publiquement position pour que les maires exercent leur droit de parrainage en toute indépendance, sans pression ni consigne partisane, et avec le souci de favoriser la diversité des candidatures ».