Présidentielle 2027 : les candidats appelés à la transparence sur l'utilisation de l'IA

Les candidats à l'élection présidentielle et leurs équipes recevront cette semaine un mail qu'il vaudra mieux ne pas oublier dans la boîte à spams. Il s'agit d'un « kit » de recommandations pour lutter contre la désinformation, les « deepfakes » à base d'IA et les tentatives d'ingérences étrangères en ligne. L'initiative vient de Respect Zone, une ONG active depuis une dizaine d'années contre la violence en ligne. Dans une « charte » de deux pages visionnées par « Les Echos », les prétendants déclarés ou présumés à l'Elysée trouveront une sorte de bordereau à signer, précédé par cinq engagements à prendre : ne pas produire ou relayer des « fake news », être transparents dans l'usage de l'IA, respecter la vie privée, ne pas faire de ciblage publicitaire en ligne et, enfin, ne pas exploiter les attaques numériques que pourraient subir les adversaires.
Enjeu démocratique
Bien évidemment, l'idée n'est pas d'empêcher les algorithmes de tourner, ni de stopper les ingérences étrangères aux frontières… Néanmoins, l'enjeu reste vital. « Il s'agit de donner un cadre neutre et apolitique pour apaiser cette campagne qui a déjà commencé de manière très violente », explique Philippe Coen, président de Respect Zone. « Ce que nous proposons est c'est le b.a.-ba, c'est le minimum éthique avec un référentiel utilisable pour les candidats », poursuit celui qui dirige également les affaires juridiques de Disney en France et dans d'autres pays européens. Selon lui, il faut non seulement protéger les candidats contre les attaques mais aussi éviter que les équipes de campagne soient tentées d'utiliser des technologies ou des prestataires douteux.
Observatoire de la désinformation
En septembre, Respect Zone a également lancé un Observatoire de la désinformation et publié une étude recensant 960 « infox » contre des entreprises et institutions sur les douze derniers mois. Les attaques en ligne contre les personnalités politiques n'étaient pas au menu de ce travail mené en partenariat avec Backbone, un cabinet de conseil en communication. Toutefois, trois candidats (Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal) ont subi en août des opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses. Et le président de Renaissance avait même porté plainte pour « ingérence étrangère ».Respect Zone n'a pas souhaité inclure ces cas dans sa dernière étude à la fois par cohérence - il s'agissait d'un « baromètre » portant sur les marques - et pour ne pas remettre de l'huile sur le feu de ces attaques. Mais l'ONG pourrait se pencher au printemps sur les manipulations politiques. D'ici là, la campagne sera largement lancée.