Présidentielle 2027 : le programme de Jean-Luc Mélenchon, l’Avenir en commun, promet beaucoup, sans financement précis
L’Avenir en commun, le programme de la Nouvelle France est en vente en librairie depuis ce vendredi 6 novembre, au prix de 4,99 €. Il compte plus de 1 000 propositions, dont près de 150 « actualisées » par rapport au programme Insoumis de 2022 et près de 200 idées nouvelles, suggérées par les sympathisants du mouvement et un long travail préparatoire avec des experts.
Les changements notoires ? Une série d’abrogations visant à détricoter les politiques des années Macron. Abrogation de la réforme des retraites et retour du départ à 60 ans pour 40 annuités. Abrogation de la loi France Travail et de ses 15 heures d’activité obligatoires. De la loi Kasbarian sur les squats et de la circulaire Retailleau sur les occupations illégales de terrain. Des restrictions sur l’Aide médicale d’État. Du service militaire volontaire, remplacé par une conscription « citoyenne écologique » de neuf mois rémunérée au Smic.
Le Smic à 1 700 € nets et 500 000 créations d’emplois agricoles
Les promesses sociales sont toujours aussi généreuses. Le Smic serait porté à 1 700 € nets « immédiatement » par décret en cas de victoire des Insoumis, le point d’indice de fonctionnaire augmenté de 10 % et les salaires indexés sur l’inflation, avec retour aux 35 heures effectives (32 dans les métiers pénibles). Il est question d’une garantie d’autonomie portant tout revenu au seuil de pauvreté (chiffré à 1 337 €) et d’une garantie d’emploi au Smic pour les chômeurs de longue durée. De l’instauration d’une « Sécurité sociale de l’alimentation » et d’une « Sécurité sociale funéraire ». De la gratuité intégrale de l’école (cantine et transports compris), des crèches publiques (dont 500 000 nouvelles places) et de l’enseignement supérieur « quelle que soit la nationalité » des étudiants. De la construction de 200 000 logements publics et 700 000 rénovations par an.
La bifurcation écologique reste centrale, avec l’objectif de sortir du nucléaire civil et d’atteindre 100 % d’énergie renouvelables « au plus tard en 2060 » (2050 dans l’Avenir en commun de 2022). Les grandes « éco-régions », calées sur les bassins versants des principaux fleuves de France, seront le bras armé de la révolution annoncée, qui permettra la création de 500 000 emplois agricoles (300 000 promis en 2022) supplémentaires.
Le retour à la retraite à 60 ans financé par « le partage des richesses »
C’est ambitieux, mais combien coûterait l’ensemble de ces mesures et comment seront-elles financées ? Question sans réponse, le « programme de la Nouvelle France » ne chiffrant aucune de ses 1 000 mesures, à deux exceptions près : 3 milliards pour les luttes contre les violences sexistes et sexuelles et 1 milliard pour un plan de lutte contre « l’islamophobie, l’antisémitisme et toutes les formes de racisme ». Pour le reste, c’est le grand flou, à l’image du retour de la retraite à 60 ans, qui serait financé par « le partage des richesses et les économies réalisées sur le coût du malheur ». Sans plus d’explications.
Pour en savoir plus, il faudra attendre. Clémence Guetté, coordinatrice du programme des Insoumis, assure que les tous les chiffrages ont été faits et qu’ils seront progressivement dévoilés dans les semaines à venir. Il faudra notamment évaluer précisément les recettes associées aux mesures fiscales comprises dans le programme des Insoumis : instauration d’un impôt sur le revenu à 14 tranches, rétablissement de l’impôt sur la fortune (avec un volet climatique), taxe Zucman de 2 % sur les multimillionnaires, fin de la flat tax, réforme du droit de succession (héritages de moins de 150 000 € exonérés mais biens « réquisitionnés par l’État » au-delà de 12 millions d’euros et de cinq logements transmissibles)…
Pas sûr que les promesses de nouvelles recettes couvrent les pertes en économies et les promesses de nouvelles dépenses.