Présidentielle 2027. L’idée d’une « primaire des démocrates », lancée par Gabriel Attal, ne convainc pas
Un coup d’épée dans l’eau… pour le moment. Invité du 20 h de TF1 mercredi, Gabriel Attal a réitéré une proposition qu’il avait déjà faite voici quelques semaines : l’organisation d’une « primaire des démocrates », incluant « ceux qui sont très clairs sur leur refus de toute alliance avec les extrêmes ». Dans sa focale : Edouard Philippe (Horizons), Bruno Retailleau (Les Républicains) David Lisnard (Nouvelle énergie), voire Dominique de Villepin et Xavier Bertrand (Nous France) s’il se déclare candidat. Pour l’ancien Premier ministre, l’enjeu d’une sélection interne est clair : « choisir celui qui sera au second tour de la présidentielle et éliminera Marine Le Pen. »
« Cafouilleux »
Problème : comme parfois à la pêche à la ligne, l’hameçon Renaissance peine encore à appâter. Si le MoDem François Bayrou et le Cannois David Lisnard se sont félicités de l’initiative, les autres concurrents traînent les pieds. Contacté par Ouest-France, Xavier Bertrand répond que l’appel de Gabriel Attal ne change rien à sa position anti-primaire. « Sans Edouard Philippe, ce départage ne peut pas avoir lieu, » estime l’entourage de l’ex-ministre de l’Intérieur vendéen. Et du côté des proches du maire du Havre, c’est silence radio. Seul le député Horizons Laurent Marcangeli est monté au créneau, fustigeant « un en même temps cafouilleux. Quel en est le périmètre ? Est-on assuré que les perdants soutiendront le vainqueur ?… »
Infusion
Moqué par certains de ses adversaires, qualifiant cette idée de primaire de « chant du cygne, avant son retrait de la campagne en décembre », le trentenaire n’en démord pas. « Un électrochoc est nécessaire pour construire le rassemblement, face à un affaissement du bloc central. Les Français nous le réclament, » martèle-t-il. Gabriel Attal sait, toutefois, que le consensus n’est pas encore pour demain. « Notre candidat va donc continuer à pousser la proposition. Elle mettra du temps à infuser, mais nous y croyons, » insiste son entourage. Fin septembre, François Bayrou avait déjà esquissé un calendrier de primaire : un premier tour mi-janvier et un second deux semaines plus tard.