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Présidentielle 2027 : « J’ai l’impression que le système est open bar », dit un patron de restaurant près de Nantes

Ouest-France · 25/10/2026 · ← revue

Mathieu Léty 47 ans, est patron du bar restaurant le Bodegon Colonial. L’établissement situé au bout de la zone Atlantis à Saint-Herblain sert environ 150 couverts par jour, et emploie à huit salariés. L’une des spécialités, c’est le poulet grillé, «nourri au maïs à 100 %, issu de sept fermes de la région, pas d’antibiotiques, on en prépare 19 tonnes par an ».

Il a eu une autre vie : pendant douze ans, «j’ai vécu une expérience formidable à Chicago dans ce qui était alors une petite société familiale : commercial pour les barbecues Weber ». En 2010, ses parents partent à la retraite, et il prend les commandes du restaurant familial.

Presse Océan : De quelle France rêvez-vous en 2032, à la fin du mandat du prochain chef de l’État ?

« Déjà d’une France qui se remet au travail. Pour absorber la dette, et proposer un avenir plus serein à nos enfants et petits-enfants. Mais les hommes et femmes politiques passent leur temps à dépenser l’argent qu’ils n’ont jamais gagné. Ils n’ont pas cette notion d’équilibre budgétaire. Ça veut dire qu’ils ne peuvent pas comprendre ton point de vue de patron d’entreprise. Ils manquent cruellement de pragmatisme. »

Vous dites que vous le constatez localement. Par exemple ?

« Je parle d’absurdité budgétaire. Concrètement je vois Onyx, la salle de spectacle de Saint-Herblain : la culture est ultra-importante, mais quand je vois les sommes engagées par la mairie, alors qu’il y a des écoles qui manquent de plein de choses…

La gestion étatique n’est pas une gestion qui a pour vocation d’avoir du’’résultat’’. Quand je dis résultat ce n’est pas forcément financier, je parle d’efficience. Le millefeuille d’assemblées d’élus, avec les mêmes dogmes et les mêmes façons de fonctionner, c’est périmé. »

« Mettre la TVA sur des comptes bloqués »

Que redoutez-vous que la France soit devenue en 2032 ?

« Qu’elle reste ce qu’elle est déjà, avec l’immobilisme qui nous caractérise. J’ai l’impression que le Français est assez binaire. Soit il gueule, soit il suit.

L’État providence c’est formidable, vraiment, mais quel patient sait ce que coûtent vraiment ses soins quand il sort de l’hôpital ? Je suis pour que sur la facture il y ait une ligne ’’coût réel’’ à côté du prix vraiment payé. J’ai l’impression que le système est open bar.

Ce qui m’inquiète, c’est le nombre de défaillances d’entreprises. S’il n’y en a plus pour payer l’Urssaf, les retraites, on fait comment ? Je n’ai aucun problème avec les impôts, mais là on dirait que c’est la poule aux œufs d’or.

Ce que je voudrais, c’est que les chefs d’entreprise se réunissent et déposent la TVA sur des comptes bloqués tant que l’État n’a pas appris à faire des économies. »

Les entreprises bénéficient aussi de crédits, d’aides, d’avantages fiscaux, tournent pour beaucoup grâce aux marchés publics rendus possibles grâce aux impôts…

« Je ne demande pas d’aides. Je veux simplement que la taxation, dont la TVA, soit mieux calée par rapport aux niveaux de marge.

Dans le privé on n’a pas le choix que de bien gérer nos finances. Demain, on ne peut pas aller voir le banquier en disant : voilà, j’ai besoin de cinquante millions d’euros. Alors que l’État, lui, il peut.

Pour gérer tout cela, il y a des dispositifs, comme la facturation électronique : c’est une bonne chose en soi, mais je crains que ça devienne plus du flicage que de l’aide à la performance des entreprises. »

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Concrètement qu’est-ce qui vous a choqué dans les décisions politiques ?

« Un truc qui m’a sidéré c’est la mise en place de la mutuelle obligatoire pour les salariés. Il y avait déjà une cotisation de la sécurité sociale : désormais il y a en plus une cotisation des travailleurs et des entreprises. Ça n’a pas coûté un centime de plus à l’État. Donc on est moins bien remboursé et on paye plus. La contrepartie pour les entreprises, c’était la baisse de la TVA sur certains produits.

Je suis persuadé que pour les retraites, on va nous le faire de la même façon : un système de prévoyance retraite obligatoire financé en direct par les salariés et les entreprises et ça va passer crème.

Plus globalement, la lourdeur administrative me pèse. Il faut un dialogue plus facile entre les représentants de l’État et les sociétés. Trop souvent c’est plus un problème de communication que de volonté, plus de l’accompagnement que de la répression. »

Un exemple ?

« Les commissions de sécurité. Tous les cinq ans j’ai quelque chose à refaire. La dernière fois c’était mettre une sirène dans un local où personne ne va quasiment jamais. À chaque fois la babiole ça coûte 2 500 balles. Ce qui me sidère, c’est que ça n’a pas été vu lors des quatre commissions précédentes. Trop de normes tuent la norme. »

Pour qui voterez-vous le 18 avril 2027 ?

« Aujourd’hui ils sont tous dans le schéma que je n’aime pas, ils sont plus là pour être élu que pour notre pays. Je préfère un programme plus court qui sera fait plutôt que 50 000 promesses non tenues. »