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Présidentielle 2027 : Gabriel Attal défend un projet économique de « rupture » axé sur l'innovation

Les Échos · 28/10/2026 · ← revue

Après cinq mois de campagne menée tambour battant, Gabriel Attal rembobine. Le secrétaire général de Renaissance et candidat à l'Elysée est revenu ce mercredi sur son programme économique, dont les mesures ont été dévoilées au gré de ses nombreux déplacements et interventions médiatiques. Rien de neuf sur le fond, mais plutôt « une mise en cohérence », avancent ses conseillers, qui veulent montrer à quoi ressemblerait « une présidence Attal » sur le plan économique. Car l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron fait miroiter « un changement de modèle radical » en cas de victoire en 2027.

« Capitalisme de l'innovation »

« Il faut passer d'une économie de consommation et de régulation à une économie d'innovation et de planification », a ainsi déclaré Gabriel Attal depuis le siège de son parti. Cette « rupture par rapport à ce qui a été fait ces dernières années » est fondée sur la notion de « capitalisme de l'innovation », qu'il défend. « Il faut sortir du capitalisme financiarisé tel qu'il s'est imposé depuis les années 1970, parce que c'est ce qui a conduit à diriger un certain nombre d'investissements européens vers l'économie américaine pour aller chercher une rentabilité », a-t-il insisté. Pour atteindre cet objectif, le candidat Renaissance propose une méthode : « Libérer et planifier ». Celle-ci repose sur l'agrégation des différentes mesures présentées ces derniers mois et dont certaines sont passées sous les radars d'une actualité saturée par les crises.

« Comme le général de Gaulle »

Il en est ainsi de son projet de créer « les Etats-Unis d'Europe », notamment pour supprimer les barrières douanières non tarifaires, de son plan d'économies de 150 milliards d'euros pour redresser les comptes et de sa réforme de l'assurance-chômage. La réduction du Code du travail à une dizaine de pages, la préférence européenne en matière de commande publique ou la retraite par capitalisation doivent aussi y contribuer. Surtout, Gabriel Attal mise sur « une planification » sur dix ans dans les secteurs stratégiques, « comme le général de Gaulle l'a fait en son temps ». L'intelligence artificielle, avec 200 milliards d'euros d'investissements d'ici à 2040, figure au premier rang. Les biotechnologies, l'énergie, le spatial et la défense sont aussi cités. « Je suis favorable au marché, je crois à la politique de l'offre », a déclaré le député des Hauts-de-Seine, tout en assumant « une intervention publique forte dans les secteurs d'intérêts vitaux et les technologies qui feront la prospérité des nations au XXIe siècle ». « SpaceX ne serait jamais devenu SpaceX sans les commandes de la Nasa », a-t-il indiqué à titre d'exemple.

Des résultats plus qu'ambitieux

A en croire Gabriel Attal, son programme économique doit générer 2 à 2,5 % de croissance par an en France, contre 1,2 % en moyenne ces dix dernières années. Le candidat Renaissance promet aussi que ses mesures permettront une hausse des salaires de 50 % dans dix ans, et que plus de 3 millions d'emplois seront créés. Des résultats plus qu'ambitieux. Assez pour redonner des couleurs à une campagne qui ne décolle pas ? « On ne fera pas « Le Journal 20 heures » sur ces sujets, mais il est important que l'on porte des messages à infusion lente », avance un conseiller de Gabriel Attal, alors que ses détracteurs se plaisent à le dépeindre comme un candidat meilleur sur la forme et les coups médiatiques que sur le fond. Après l'économie, le patron de Renaissance devrait bientôt s'exprimer sur sa vision de « l'organisation du pouvoir ». De quoi parfaire sa « présidentialisation », insiste son entourage, qui a identifié ce point faible vis-à-vis d'Edouard Philippe, de près de vingt ans son aîné. Si le maire du Havre le distance toujours dans les sondages, Gabriel Attal estime qu'il n'y a plus de favori au centre et à droite, étant donné que les deux ex-Premiers ministres sont désormais systématiquement battus par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au premier tour. « Les jeux sont plus ouverts que jamais », veut croire un attaliste, visiblement galvanisé par la lente érosion d'Edouard Philippe dans les enquêtes d'opinion.

Ulysse Legavre-Jérôme