Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Présidentielle 2027 : François Hollande pas encore candidat mais plus que jamais dans le jeu

Les Échos · 03/09/2026 · ← revue

Par Hadrien Valat

Le temps réhabilite, les échecs des autres aussi. Les Français savent « mes erreurs » mais aussi « nos réussites, qu'ils reconnaissent ne serait-ce qu'en comparaison du bilan de mon successeur, comme de mon prédécesseur », écrit François Hollande, en introduction de son livre-programme « Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche », publié ce jeudi (Robert Laffont). Interventions antidjihadistes au Sahel et au Moyen-Orient, COP 21, réduction du déficit, mariage pour tous… « pour l'essentiel, je ne crois pas m'être trompé », se défend l'ancien président de la République. Déjà, pendant l'été, des affiches confectionnées par des soutiens avaient été collées à travers la France pour vanter le bilan du député de Corrèze, à l'occasion de ses 72 ans.

« Débrancher le gagnant »

Une tentative de revalorisation de ses années au pouvoir, à la fin desquelles il avait sombré dans l'opinion, qui intervient alors que François Hollande revendique toujours plus clairement ses ambitions pour 2027. Contrairement à Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal ou les députés Jérôme Guedj et Philippe Brun, l'ex-président ne compte pas participer à la primaire de la gauche sociale-démocrate,Lire aussi : Ils ont été nombreux, pourtant, à tenter de le convaincre. « Pas mal de gens ont dit à Hollande qu'il fallait être candidat à la primaire pour revenir. Car il n'y aura pas moyen de débrancher le gagnant », affirme un député PS en vue. Quant aux supporters de l'ancien maire de Tulle, ils sont pour l'instant orphelins de candidat : « Il y a des militants de chez nous qui soutiennent Hollande mais qui ne savent pas trop quoi faire dans la primaire », relate-t-on du côté des courants d'opposition à Olivier Faure. VIDEO - Comment les candidats de la présidentielle financent-ils leurs campagnes ?

Bonne étoile

Mais François Hollande a décidé d'attendre le mois de décembre pour se décider ou non à se présenter. « Si la situation l'exige », dit-il, et s'il estime à ce moment-là être en mesure de rassembler son camp. « Décembre, dans une élection présidentielle, c'est le mois clé » et d'ici là, « il y aura une clarification à droite », a-t-il expliqué ce mercredi sur France Inter. « Il a inventé le rendez-vous de décembre. Il sent que la primaire est risquée donc il s'invente un autre narratif », décrypte un parlementaire PS pro-Glucksmann. « Il faut convoquer la psyché de Hollande : il a toujours cru à sa bonne étoile », croit savoir le même. Nombreux sont aussi ceux qui devinent derrière cet attentisme l'espoir de voir dévisser ses concurrents dans le même couloir, Raphaël Glucksmann en tête, pour que se libère un créneau. « Personne ne peut bâtir sur l'effondrement de son camp », a ainsi prévenu Olivier Faure, à Blois, lors du Campus d'été du Parti socialiste. « Il n'y a aucun précédent où on [le PS] a soutenu un candidat qui s'est autoproclamé », ajoute un proche du premier secrétaire.

« Union sacrée des démocrates »

Qu'importent les objections, François Hollande trace sa route. Selon « Le Monde », ses soutiens devraient bientôt investir des locaux de campagne à Paris. Dans son nouveau livre, il décline une ébauche de programme : 90 mesures, notamment l'augmentation de 10 % du salaire net ; une réduction des impôts de production compensée par une baisse des aides aux entreprises ; un retour à l'équilibre des finances publiques ; porter l'âge de départ à la retraite à 63 ans ; indexer les retraites à 1 % par an ; introduire une part de capitalisation ; moduler le taux de TVA (le taux normal passerait de 20 à 24 % quand il serait ramené à 0 % pour l'énergie et les produits de première nécessité)… Des propositions assez loin des marqueurs traditionnels de la gauche, et qui ont échaudé un certain nombre de ses collègues socialistes. C'est que François Hollande veut convaincre au-delà de son camp : il espère voir advenir une « union sacrée des démocrates » allant « au-delà des formations politiques ». Avec la sortie de son ouvrage, il s'offre en outre une tournée médiatique et des séances dédicaces. « Les files d'attente pour se faire dédicacer son bouquin, ça ne fait pas des électeurs », ricane un cadre Insoumis, qui reconnaît tout de même à l'ancien président la faculté à prédire et influer sur le destin du PS : « Ça fait un an et demi que tout ce qu'annonce Hollande se produit. »

Hadrien Valat