Revue de presse

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Présidentielle 2027 : David Lisnard, une épine de plus pour Bruno Retailleau

Les Échos · 17/10/2026 · ← revue

« Il se passe quelque chose. » C'est du moins ce que veulent croire les soutiens de David Lisnard. Depuis plusieurs semaines, des réseaux sociaux - avec ce hashtag #ilsepassequelquechose - aux plateaux télévisés, le nom du maire de Cannes est partout. D'inconnu du grand public, le candidat à la présidentielle s'est retrouvé sous les projecteurs d'une scène médiatique en manque de nouveauté, jusqu'à dépasser de 1 point Bruno Retailleau dans un sondage Ifop publié mercredi, à 6 % d'intentions de vote contre 5 % pour le président des Républicains (LR).

Un « ami » devenu gênant

Si le fait d'armes est à prendre avec des pincettes à six mois du premier tour, il illustre la difficulté de Bruno Retailleau à enclencher une dynamique. « David Lisnard est la seule personne dont les sympathisants nous parlent sur le terrain », assure un ministre de droite, quand un maire d'une station balnéaire huppée jure avoir entendu parler du Cannois « tout l'été ». Distancé par Edouard Philippe, Bruno Retailleau avait déjà du mal à imprimer ses propositions dans le débat. Il doit désormais composer avec l'irruption du très libéral quinquagénaire. Sa journée de jeudi, consacrée à la promotion de son nouveau livre, « De combats et d'espoir », et au Mondial de l'auto, a ainsi été presque éclipsée par la popularité croissante de son « ami » devenu gênant. « C'est une épine dans le pied », alerte un proche du candidat LR, même si ce dernier tente de minimiser la situation. « Des bosses, des yo-yo, des montagnes russes, il ne faut pas s'affoler, il y en aura d'autres », a balayé l'ancien ministre de l'Intérieur dans les travées de la grande messe parisienne de l'automobile, promettant que « les sondages ne changent en rien [sa] détermination ».

Loin d'arrêter les frais

Le sujet reste cependant bien identifié par l'état-major de Bruno Retailleau, où l'on juge intenable de gérer plusieurs fronts à la fois. « Evidemment qu'il faut qu'on se retrouve […] Il y en a un qui devra se retirer. Le plus stupide, ce serait qu'on aille au bout tous les deux », a d'ailleurs fini par reconnaître le sénateur vendéen sur Europe 1 en fin de journée. Avec plus de 60.000 adhérents revendiqués à son parti Nouvelle Energie, et des milliers de nouveaux abonnés sur les réseaux sociaux chaque semaine, l'ex-vice-président de LR semble pourtant loin d'arrêter les frais. Au contraire, galvanisées par leur succès, les équipes de David Lisnard concoctent les prochains volets thématiques de son programme et prévoient de nouveaux meetings, comme en Alsace, où il a rassemblé un millier de personnes fin septembre. Son entourage assure aussi disposer de plusieurs millions d'euros pour tenir dans la durée, une somme invérifiable. En quête de signaux faibles, ses partisans vont jusqu'à mettre en avant la poussée de fièvre sur Polymarket, un site interdit en France sur lequel on peut parier en ligne avec des cryptomonnaies. Le maire de Cannes y voit sa cote bondir depuis la rentrée, sans que cela présume en soi d'une réelle dynamique dans les urnes. « Je ne vois pas comment il va au bout », rétorque malgré tout un porte-parole de Bruno Retailleau, persuadé que les deux hommes finiront par cheminer ensemble sur la route de l'Elysée. Les paris sont ouverts.

Ulysse Legavre-Jérôme