Présidentielle 2027. « Couper » l’aide, ne pas « affaiblir Kiev »… ce que disent les candidats sur l’Ukraine
Il n’a fallu que quelques heures pour que la campagne présidentielle française, jusqu’ici atone, s’anime et se tende. Et c’est à propos du soutien à l’Ukraine que gauche, droite et centre se sont fédérés pour dénoncer les propos du Rassemblement national. En première ligne : les numéros un et deux du parti à la flamme, Jordan Bardella et Louis Aliot.
« Cheval de Troie »
Retour en arrière. Le 3 septembre. Louis Aliot, maire de Perpignan (Pyrénées-Orientales), est l’invité de BFM. Interrogé sur l’Ukraine, il avance l’idée de « couper le robinet de l’aide en cas d’arrivée du RN au pouvoir ». Une position légèrement tempérée le lendemain par le président du parti : « La France continuera d’honorer ses engagements. Mais je vous rappelle que la France est ruinée. Et donc, il serait bien irresponsable de promettre de l’argent que nous n’avons pas ». Autant d’arguments mettant les opposants du RN en furie. « Mme Le Pen est le cheval de Troie des ennemis de l’Europe », fustige l’écologiste Marine Tondelier. « Le Rassemblement national, des patriotes de pacotille », raille le coprésident de Place publique Raphaël Glucksmann. « Affaiblir l’Ukraine, c’est menacer la sécurité de l’Europe et de la France », dénonce Edouard Philippe (Horizons).
« Une grande conférence »
De son côté, Bruno Retailleau (Les Républicains) taxe Jordan Bardella « d’amateur » en politique internationale. Pour le patron des socialistes Olivier Faure, « le RN préférera toujours Poutine à la résistance du peuple ukrainien ». À ces appuis à Volodymyr Zelensky s’ajoute celui… d’Éric Ciotti. Le maire de Nice (Alpes-Maritimes), pourtant allié de Marine Le Pen, exprime « son soutien à l’Ukraine. Il faut les moyens pour que ce pays soit libre et indépendant ». Très discrète, la candidate du Rassemblement national souligne simplement qu’elle plaide « depuis l’agression russe contre l’Ukraine pour une grande conférence pour la paix ». Également en retrait ces dernières heures sur ce dossier, Jean-Luc Mélenchon s’était fait remarquer trois mois plus tôt en jugeant « très imprudent d’accepter que l’Ukraine fasse des tirs en profondeur en Russie ». Ce qui lui avait valu un vif retour du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot : « M. Mélenchon a choisi son camp. Pas celui de la résistance, celui de l’oppresseur ».