Présidentielle 2027 : coup de théâtre au démarrage de la primaire à gauche, Philippe Brun écarté pour des « accusations de violence »

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Par Julien Boitel
Coup de théâtre. Les candidats à la primaire de « l'espace social-démocrate », qui avaient jusqu'à mardi soir minuit pour déposer leur candidature, seront finalement cinq sur la ligne de départ, le député Philippe Brun ayant été suspendu à titre conservatoire du PS ce mercredi matin. La commission d'organisation de la primaire a officialisé les noms des cinq candidats dans la matinée : outre le chef de Place publique, Raphaël Glucksmann, et le patron du petit parti Gauche républicaine et socialiste (GRS) Emmanuel Maurel, qui en tant que dirigeants de parti, n'avaient pas besoin de soutiens internes au PS, trois socialistes ont obtenu les parrainages nécessaires pour y participer. Il s'agit du patron du PS Olivier Faure, l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal, et le député Jérôme Guedj. Pour les socialistes, il fallait avoir les signatures de 15 membres du conseil national, ou de 10 parlementaires, ou de 50 conseillers régionaux ou départementaux sur huit départements et trois régions ou de cinquante maires répartis sur trois régions. La campagne de cette primaire va désormais véritablement commencer. Mais elle débute donc avec un premier rebondissement : la mise à l'écart de la candidature de Philippe Brun. Le député avait annoncé, mardi matin, le dépôt de sa candidature « accompagnée des parrainages requis ». Mais ce mercredi matin, il a été suspendu du Parti socialiste (PS) à titre conservatoire à l'issue d'un bureau national convoqué dans la matinée du mercredi 16 septembre. Le député de l'Eure a été suspendu « en raison d'accusations de violence », a affirmé Patrick Menucci, président de la commission de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. Le Parti socialiste a invoqué la « défense des droits des femmes » pour justifier la suspension à titre conservatoire. « La direction nationale du Parti socialiste a été informée hier soir de faits susceptibles de relever d'une caractérisation pénale […] Le Parti socialiste ne transige ni sur la défense des droits des femmes, ni sur l'exemplarité qui doit être la sienne », a indiqué le PS dans un communiqué. Les accusations à l'encontre de Philippe Brun portent sur trois registres : « le registre du harcèlement », celui « des violences physiques », et celui de « l'emploi familial », a précisé la direction du PS à l'AFP. L'emploi familial concerne le fait qu'un député ne peut employer une personne issue de sa famille ou un conjoint. Selon la direction, « une militante a saisi début juillet deux commissions du parti », la commission de lutte contre le harcèlement et les discriminations, et la Commission nationale des conflits, à propos du député Philippe Brun. Elle a renvoyé un courrier à ces commissions en août, et a eu mardi soir « un échange avec un membre de la direction », au cours duquel elle a fait part de ses accusations. L'intéressé a fait part de sa « stupeur » et répond qu'il « ignore ce qui (lui) est reproché ». Selon lui, c'est une ancienne collaboratrice que Philippe Brun a licenciée pour faute grave qui a saisi la direction du parti. « Je n'ai pas été entendu par les commissions du parti. Je constate que sur la foi d'un signalement envoyé hier [mardi, NDLR] à 23h50, on empêche un parlementaire ayant réuni tous ses parrainages d'être candidat », déplore-t-il. D'autres postulants n'ont aussi pas pu rejoindre cette primaire. L'ancien maire de Châteaudun (Eure-et-Loir) Fabien Verdier n'est pas parvenu à obtenir les parrainages nécessaires. Quant au député ex-LFI François Ruffin, qui espérait pouvoir rejoindre la primaire, il a jeté l'éponge, après le refus de Raphaël Glucksmann de le voir y participer. « Vous aviez une chance de vous élargir, vous vous rétrécissez. Vous aviez une chance de faire une grande primaire, vous la transformez en primaire bunker », a-t-il dénoncé mardi sur X. De même, le banquier d'affaires Matthieu Pigasse, qui a un temps envisagé d'y participer, a lui aussi affirmé dimanche à la Fête de l'Humanité s'être retrouvé face à un « bunker dans lequel personne ne peut entrer ». A l'inverse, deux autres socialistes, l'ancien président François Hollande et le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane, prétendants plus ou moins déclarés à la présidentielle, refusent d'y concourir. Après plusieurs mois de discussions sur son périmètre, et des critiques venues de toute part, cette primaire commence donc mal et se déroulera en deux tours prévus les 9 et 10 octobre et les 16 et 17 octobre. Avant cela, trois débats télévisés sont programmés : le 23 septembre sur LCI, le 1er octobre sur France 2 et le 4 sur BFMTV.