Présidentielle 2027. « C’est du sérieux » : l’hésitation des maires sollicités pour donner leur parrainage à un candidat
Il y a les candidats connus du grand public : Gabriel Attal, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon… Et il y a les autres. Connaissez-vous Dorient Gandouin, Éric Prades ou Sylvain Durif, alias le Christ cosmique ? Plusieurs dizaines de prétendants à l’élection présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027 se sont déclarés.
Mais pour briguer les suffrages des Français, il leur faut réunir 500 signatures d’élus. Depuis quelques mois, les voilà donc en quête de promesses de parrainages de maires, présidents d’intercommunalité, conseillers départementaux et régionaux, députés, sénateurs ou députés européens français. Des engagements qui devront se concrétiser par une signature officielle, à recueillir pendant quatre semaines, au plus tard le 12 mars 2027.
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Les nouveaux maires découvrent ces sollicitations. À Beaumont-sur-Sarthe, Stéphane Ramond a reçu trois ou quatre mails, auxquels il n’a pas répondu. Je pense parrainer quelqu’un mais je ne vais pas le dévoiler tout de suite, je me laisse un peu de temps de réflexion.
« Je souhaite que tous les candidats puissent se présenter »
Sept ou huit demandes, sont parvenues par mail ou par courrier à Éric Fontaine, maire de Saint-Calais. Il indique à propos des expéditeurs : Pour la plupart, je ne les connais pas. On va regarder ça de près. Nous parrainerons une personne. Je souhaite que tous les candidats puissent se présenter, qu’ils soient de droite ou de gauche. Son choix ne sera pas une décision politique mais guidé par la démocratie.
Je vais attendre d’en savoir un peu plus sur ce que les gens vont proposer, note Philippe Saudubray, maire de La Suze-sur-Sarthe, qui s’inquiète : La situation géopolitique est tendue, la politique intérieure aussi. Attention à ne pas tomber dans le piège de voter par désespoir. Pour faire son choix, il consultera sa majorité. J’évolue avec une équipe à qui je n’ai pas demandé s’ils étaient de droite ou de gauche. J’attendais qu’ils soient démocrates. Je serai attentif aux candidats de ce courant démocrate
« La présidentielle, c’est du sérieux ! »
Le maire de La Suze ne parrainera sans doute pas de candidat inconnu, mais une personnalité aguerrie, qui a un peu d’expérience et qui remettra la France au centre de l’échiquier mondial. Je reste calé sur le fonctionnement d’une entreprise : si vous avez atteint des objectifs, on peut vous faire confiance. Il faut que le candidat soit suffisamment connu pour avoir accompli quelque chose sur le plan politique. Il faut fédérer le maximum de gens et être bien entouré. La présidentielle, c’est du sérieux !
D’autres maires sont au contraire réticents à accorder leur parrainage. C’est le cas de Marc Trentepolh, à Malicorne-sur-Sarthe : Je n’ai pas l’intention de parrainer de candidat parce que mon conseil municipal et ma liste sont sans étiquette. Les parrainages étant publics, on pourrait être affilié à la famille politique du candidat parrainé. La liste sera en effet publiée sur le site du conseil constitutionnel. Le maire de Malicorne a discuté avec ses adjoints de la possibilité de parrainer un candidat. On ne le souhaite pas. Mais la porte n’est pas totalement fermée, si le conseil le demande et que tous les conseillers sont OK sur le principe.
Les règles pour se présenter
La règle des 500 signatures vise à éviter des candidatures trop nombreuses ou fantaisistes. En 2022, douze candidats étaient parvenus à les obtenir. Les parrainages doivent émaner d’élus d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents, sans dépasser un dixième, soit 50 pour un même département ou une même collectivité. Chaque élu ne peut parrainer qu’un seul candidat et son choix est irrévocable.