Revue de presse

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Présidentielle 2027 - « C'est ça ou la Grèce… » : Bruno Retailleau promet un régime sec de 197 milliards d'euros d'économies

Les Échos · 12/10/2026 · ← revue

A la façon de François Fillon en 2017, Bruno Retailleau veut apparaître comme le champion du redressement des comptes publics à cette élection présidentielle. Dans la droite ligne de son mentor, le candidat Les Républicains (LR) a présenté ce lundi une trajectoire budgétaire particulièrement musclée en cas de victoire en 2027. L'ancien ministre de l'Intérieur entend économiser pas moins de 197 milliards d'euros sur un quinquennat, sans recourir à la moindre hausse d'impôts. « Je veux donner un grand coup de frein à la dépense publique et un coup d'accélérateur à la croissance », a déclaré Bruno Retailleau, qui tente de faire de sa rigueur budgétaire un levier pour se démarquer de ses deux principaux adversaires, Edouard Philippe et Marine Le Pen.

400.000 fonctionnaires non remplacés

Devant la presse réunie au siège de LR, le prétendant à l'Elysée a ainsi taclé le plan d'économies de la candidate du Rassemblement national, jugeant que son projet de 140 milliards d'euros d'efforts présentés la semaine dernière « ne tient pas debout ». En difficulté dans les sondages, il s'en est ensuite pris sévèrement aux anciens Premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal. « Ceux qui sont coresponsables de ce bilan ne peuvent pas avoir la moindre légitimité pour se présenter devant les Français et dire qu'ils régleront le problème », a martelé le Vendéen, fustigeant la dérive financière de la France depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Pour « remettre de l'ordre dans les comptes publics », Bruno Retailleau table sur 96 milliards d'euros d'économies côté Etat. Son calcul repose en grande partie sur le non-remplacement de 400.000 fonctionnaires partis à la retraite d'ici à 2032, sans préciser les métiers concernés. Le candidat de la droite mise aussi sur la suppression ou le rattachement direct à l'administration centrale des 1.153 agences et opérateurs de l'Etat, pour une économie estimée à 7,5 milliards d'euros. Un chiffrage extrêmement ambitieux au regard des conclusions d'un rapport sénatorial de 2025, dont l'élue LR Christine Lavarde, présente ce lundi aux côtés de Bruno Retailleau, était pourtant la rapporteuse.

« Passer le bulldozer » sur les normes

Côté social, le Vendéen compte dégager 91 milliards d'économies. « Un pays où celui qui se lève à 6 heures paie pour ceux qui ne se lèvent pas finit par exploser », a-t-il déclaré, précisant que 42 milliards d'euros proviendront de sa réforme des retraites (âge de départ à 63 ans, taux plein à 65 ans, capitalisation). Quelque 14 milliards d'euros seront issus d'une réforme plus que drastique de l'assurance-chômage. Dix milliards d'euros supplémentaires seront grappillés sur le terrain de l'immigration. Bruno Retailleau entend notamment conditionner l'accès des étrangers aux prestations de solidarité à cinq années de séjour régulier et de travail. Une réforme qu'il ne pourra toutefois acter qu'au prix d'une révision de la Constitution, qu'il entend soumettre à référendum. Le patron de LR espère en outre récupérer 10 milliards d'euros du côté des collectivités territoriales.

Une ristourne aux entreprises

« C'est ça ou la Grèce », a-t-il assuré, convaincu que la France est « déjà entrée dans une première phase » d'une crise financière. « Je veux passer au bulldozer et non pas à la tronçonneuse un certain nombre de normes », a-t-il ajouté, en référence à l'outil symbole de l'ultralibéral président argentin Javier Milei. Pour mieux faire passer la pilule, Bruno Retailleau prévoit de « rendre aux Français » 51 milliards d'euros sur les 197 milliards d'euros d'économies escomptées. Le candidat promet de reverser 21 milliards aux ménages, notamment grâce à la diminution de cotisations salariales en contrepartie d'une durée de travail hebdomadaire supérieure à 35 heures. Les entreprises auront, elles, une ristourne de 30 milliards d'euros, grâce à une réduction des cotisations patronales et à la suppression d'impôts de production. « Faire des économies sur la sphère publique, c'est dégager des marges de manoeuvre pour la sphère privée », a affirmé Bruno Retailleau, qui s'est aussi engagé à ne raboter aucune niche fiscale s'il est élu l'an prochain. A l'instar de Gabriel Attal et Marine Le Pen, le patron de LR souhaite par ailleurs inscrire « une règle d'or » dans la Constitution afin de limiter le déficit public. Un déficit que Bruno Retailleau promet de ramener de 5,4 % à 2,2 % d'ici la fin du quinquennat grâce à l'ensemble de ces mesures.

Ulysse Legavre-Jérôme