Présidentielle 2027 : 140.000 inscrits à la primaire de la gauche socialiste avant un vote incertain

Par Hadrien Valat
Ce qu'il y a de pratique quand on s'attend au pire, c'est qu'on risque d'être agréablement surpris. Les sociaux-démocrates avaient toutes les raisons de redouter un échec cinglant de leur primaire : le périmètre de ceux autorisés à se présenter a longtemps été flou, le prix fixé pour avoir le droit de voter est particulièrement rébarbatif (15 euros), les débats télévisés ont souvent tourné au pugilat et au ressassement de haines recuites… En privé, les cadres du Parti socialiste ou de Place publique ne donnaient pas cher de la participation aux votes des 9-10 et 16-17 octobre (en cas de second tour). Mais, contre toutes attentes, le peuple de gauche modéré a répondu présent.
« Dynamique »
Roulement de tambours et coups de trompettes : lundi soir à 23 h 59, Patrick Mennucci, le président de la commission d'organisation de la primaire, n'était pas peu fier d'annoncer un corps électoral de 140.282 personnes. Bien loin des 2 millions de votants à la primaire socialiste de 2017 et des près de 3 millions de celle de 2012. Mais au-delà des 100.000 qu'espéraient atteindre les organisateurs ce coup-ci. Dans le détail, c'est plus de 68.000 inscrits pour le PS, 28.000 chez Place publique, un millier pour GRS [Gauche républicaine et socialiste, le parti d'Emmanuel Maurel], et 42.000 sur la plateforme « Choisir2027.fr ». « C'est pour ces formations une progression de leurs adhérents considérables », se réjouit via un communiqué Patrick Mennucci. Ces chiffres « nous donnent beaucoup d'espoir dans la dynamique de la primaire et ces dizaines de milliers de citoyens sont la garantie de l'unité autour du vainqueur de cette désignation », écrit l'ancien député des Bouches-du-Rhône.
Prises de becs
Un rappel pas tout à fait anodin : les piques en plateau ou par médias interposés entre candidats ont été crescendo. Ségolène Royal qui voit en Raphaël Glucksmann un « stagiaire ». Le président de Place publique qui l'accuse en retour d'avoir fait « la danse du ventre » à Emmanuel Macron pour obtenir des postes. Olivier Faure qui soupçonne Raphaël Glucksmann de vouloir un accord avec le centre et la droite. Jérôme Guedj qui reproche au premier secrétaire du PS de chercher à s'allier à nouveau avec LFI pour « sauver sa circonscription dans le 77 »… Des prises de becs en tous sens qui n'ont pas permis de faire émerger un gagnant clair de ces joutes télévisées. Et inquiètent pour la suite. Ceux-là réussiront-ils, d'ici à deux semaines, à se ranger derrière le vainqueur ? Un plébiscite clair dès le premier tour faciliterait les choses. Mais si Raphaël Glucksmann est le grand favori et Olivier Faure l'outsider, difficile de dire, avec cet afflux de votants, ce qui sortira du premier tour les 9-10 octobre prochains. Surtout en prenant en compte les 42.000 inscrits sur la plateforme « Choisir2027.fr », qui ne sont affiliés à aucun des trois partis organisateurs, et dont les coeurs restent insondables.