Revue de presse

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Pour la présidentielle, entre Gabriel Attal et Édouard Philippe, le match dans le match

Ouest-France · 01/09/2026 · ← revue

Officiellement, il certifie entretenir « de bons rapports » avec son prédécesseur à Matignon. Mais en coulisses, il dégaine souvent la sulfateuse à son encontre. À huit mois du scrutin présidentiel, Gabriel Attal semble avoir trois principaux adversaires : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon évidemment, mais aussi Édouard Philippe, son voisin de palier du centre droit. Régulièrement, le trentenaire multiplie les critiques envers son challenger havrais. Encore dimanche, depuis la foire de Châlons-en-Champagne qu’il visitait.

« J’ai des divergences de fond »

« J’ai des divergences de fond avec Édouard Philippe, assène le patron de Renaissance. Sur les retraites, le débat ne peut plus se résumer au décalage de l’âge légal de départ. Je n’ai pas, non plus, les mêmes idées que lui sur le travail, l’écologie… ». Répondant, par ailleurs, à la proposition de son aîné de bâtir un nouveau parti réunissant la droite et le centre, Gabriel Attal lui a claqué la porte au nez : « L’enjeu n’est pas de recréer les partis d’il y a vingt ans, avec ceux d’il y a vingt ans et les idées d’il y a vingt ans. » De quoi désarçonner le Normand ? En visite, à son tour, à la foire de Châlons-en-Champagne, lundi, le patron d’Horizons n’a pas manqué de réagir aux propos du trentenaire. « Moi, je réserve mes critiques aux adversaires politiques, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Je veux rassembler la droite et le centre. Gabriel Attal a beaucoup de talents et nous aurons besoin de lui. J’appelle tout le monde à faire preuve de responsabilité. » Courtois, mais ferme.

« Une stratégie de match »

Quelle mouche pique donc le leader de Renaissance ? Selon le politologue Bruno Cautrès, après un été à énormément communiquer, « les premiers sondages sont décevants pour lui. Il s’engage donc dans une stratégie de match avec Édouard Philippe, avec l’espoir que les enquêtes d’opinion bougent en sa faveur durant l’automne. Il essaie de jouer l’image du jeune candidat fougueux et dynamique. Mais pour le moment, cela ne marche pas autant qu’il l’espère. » Voilà donc le maire et boxeur havrais prévenu : il va devoir continuer à esquiver des crochets du droit et du centre. Avec le risque, à terme, de rendre impossible tout projet d’union ?