« On est très en retard » : en Bretagne, ils veulent rendre le vote accessible à tous pour la présidentielle de 2027
À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, une équipe bretonne lance une campagne nationale pour faciliter l’accès aux urnes pour les personnes en situation de handicap. Leur ambition : permettre aux personnes en situation de handicap de retrouver pleinement leur place dans les bureaux de vote, sans que des obstacles matériels ou administratifs ne les en empêchent.
Une campagne lancée à Gueltas (Morbihan) notamment par Yann Jondot, ambassadeur national Accessibilité handicap, Léa Philouze, représentante de l’association Régie Access, Michel Houdeline, personne malvoyante, et Jean-Yves Quentel, maire de la commune.
« 500 000 personnes n’ont pas pu voter en 2022 »
L’initiative est née d’un constat : 30 % des personnes en situation de handicap ne sont pas inscrites sur les listes électorales. Difficultés d’accès aux bureaux, manque d’information, démarches administratives ou crainte de ne pas pouvoir voter seul : les freins sont multiples.
À l’approche de la présidentielle de 2027, l’équipe entend donc profiter des prochains mois pour faire connaître les solutions existantes et encourager les inscriptions. Au total, 500 000 personnes n’ont pas pu voter à cause de leur handicap, de leur santé ou de leur âge lors des dernières élections présidentielles. C’est énorme et ça se justifie par un découragement de certaines personnes à se rendre aux urnes, car elles savent à l’avance qu’elles n’arriveront pas à se repérer, explique Yann Jondot.
Un kit pour les mairies
Au foyer de vie Ty-Lann de Gueltas, qui accueille 18 adultes en situation de handicap, les résidents volontaires ont participé au tournage d’un clip consacré à Vot’Access. Ce dispositif, conçu pour être installé en une quinzaine de minutes, permet d’adapter un bureau de vote aux besoins de différents électeurs.
Le kit comprend notamment des repères au sol pour guider les votants, un isoloir adapté, un support pour faciliter l’émargement ainsi que des outils comme une loupe, un haut-parleur ou un bloc-notes pour communiquer par écrit. Il s’adresse aux personnes en situation de handicap physique, sensoriel, psychique ou cognitif, mais peut également aider des personnes âgées ou des électeurs rencontrant des difficultés de lecture. Il faut savoir que près de dix millions de personnes sont en situation de handicap en France. Il ne faut pas qu’on soit considéré comme des citoyens de seconde zone, car on représente une grande partie des votant lors d’une élection. Et encore plus quand ça se joue à quelques voix, souligne l’ambassadeur du handicap.
« On est très en retard »
Fabriqué en Esat (Établissement et service d’accompagnement par le travail), le dispositif coûte environ 1 000 €. Son principe est simple : permettre à chacun d’accomplir son geste citoyen dans les meilleures conditions possibles, sans préjuger de ses capacités ni de ses choix politiques. On est très en retard par rapport à l’international. L’idée, c’est que la Bretagne soit un terrain d’expérimentation, mais que ça rayonne ensuite au niveau national, confirme Léa Philouze.
Une initiative soutenue par l’AMF (Association des maires de France) et que toute l’équipe va tenter de présenter aux parlementaires prochainement. Léa Philouze est également en contact avec le conseiller ministériel en charge de la citoyenneté pour insister sur l’importance du dispositif à l’échelle nationale.