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« Nous avons besoin d'un choc d'investissement » : les acteurs du tourisme appellent les candidats à la présidentielle à une nouvelle stratégie

Les Échos · 28/09/2026 · ← revue

Par Rachel Cotte

A l'aube de l'élection présidentielle de 2027, les acteurs du tourisme et de l'événementiel français mettent leurs propositions sur la table. Réunis lundi au Stade de France, les membres de l'Alliance France Tourisme (AFT) ont présenté une série de priorités pour améliorer les performances du secteur. L'organisation rappelle le poids du secteur dans l'économie française, mais elle défend aussi une stratégie moins fondée sur la course aux volumes que sur la création de valeur. L'Alliance veut générer davantage de recettes avec les flux existants. L'objectif est de porter les dépenses touristiques internationales de 77,5 à 100 milliards d'euros d'ici à 2030. L'organisme préconise pour ce faire d'élaborer une stratégie nationale du tourisme à horizon 2045, assortie d'une feuille de route révisée tous les cinq ans. « Dans la perspective de la présidentielle, nous devons convaincre les candidats que le tourisme est aussi une priorité », plaide Dominique Marcel, président de l'AFT.

Allonger et étaler les séjours

En 2025, le secteur représentait 222 milliards d'euros de dépenses en France, et soutenait près de 2 millions d'emplois directs et indirects. Certes, la France continue d'afficher des performances solides, mais « certains concurrents, comme l'Espagne et l'Italie, ont encore mieux profité de ce rebond de croissance », fait valoir Dominique Marcel. L'Alliance mise sur plusieurs leviers pour rattraper son retard. Le premier consisterait à faire rester les touristes plus longtemps : une demi-nuit supplémentaire par visiteur permettrait, selon ses calculs, de générer 5,8 milliards d'euros de recettes additionnelles. Quatre milliards d'euros seraient à aller chercher en développant le tourisme tout au long de l'année et en répartissant davantage les flux dans les territoires. Sur ce point, Dominique Marcel met en avant la bonne santé de la montagne, en particulier dans les Alpes du Nord, qui attire de plus en plus en dehors de la saison hivernale.

Augmenter les revenus par visiteurs

Mais l'enjeu principal est de tirer la dépense moyenne par visiteur, en améliorant la qualité de l'offre et en valorisant davantage certains savoir-faire comme la gastronomie. Une hausse de 15 % du panier par nuitée sur cinq ans apporterait 12,7 milliards d'euros supplémentaires, selon l'AFT. A ce titre, l'organisation insiste sur le rôle catalyseur des grands événements - comme la venue du pape ou les méga-concerts de Céline Dion - qui exercent un effet d'entraînement majeur sur toute l'économie touristique. L'alliance plaide par ailleurs pour la mise en place de standards nationaux de propreté, de sécurité, d'accessibilité ou encore de qualité d'accueil dans les grandes destinations et les principaux hubs de transport. La formation demeure aussi un levier stratégique. Le secteur a retrouvé et dépassé son niveau d'avant-crise, avec une hausse de 8,5 % des emplois depuis 2019, mais les difficultés de recrutement et de fidélisation restent réelles. L'organisation plaide pour une formation davantage alignée sur les besoins des entreprises et pour la sanctuarisation des dispositifs d'apprentissage.

Un nécessaire choc d'investissement

Atteindre ces ambitions suppose toutefois des moyens financiers d'envergure. De nombreuses infrastructures touristiques vieillissent tandis que les concurrents européens investissent massivement. « Nous avons besoin d'un choc d'investissement », formule Dominique Marcel. L'AFT appelle à rénover les hébergements, améliorer les sites, ou encore développer de nouvelles formes d'accueil. L'organisation plaide pour la mobilisation d'outils de financement capables de doper les investissements publics et privés, en s'appuyant notamment sur des structures publiques comme Bpifrance ou la Banque des territoires.

Rachel Cotte