Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur) [cookies périmés]Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Marine Le Pen présente son contre-budget : « Elle veut montrer que le Rassemblement national est prêt à gouverner »

Ouest-France · 06/10/2026 · ← revue

Un « effort radical » de « 140 milliards d’euros net d’économies » sur cinq ans. Telle est la promesse de Marine Le Pen, si elle était élue présidente de la République. Mardi, la candidate du Rassemblement national a présenté son contre-budget, quelques jours après que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dévoilé la copie du gouvernement pour 2027.

La candidate a multiplié les engagements. Elle a affirmé pouvoir tout à la fois baisser les impôts de 30 milliards en cinq ans et ramener le déficit sous les 3 % du PIB d’ici 2030, contre 5,6 % cette année. Une manière d’« envoyer le signal limpide que la dérive des comptes publics est finie et que les marchés peuvent considérer à nouveau la France comme un partenaire fiable », a déclaré Marine Le Pen.

Marine Le Pen parle à l’électorat du second tour

En quête de crédibilité budgétaire, la candidate a appuyé sa démonstration par des graphiques. « Sa mise en scène vise à renvoyer une image de sérieux », commente le politologue Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof (CNRS/Sciences Po). « Elle veut montrer que le Rassemblement national est prêt à gouverner. Marine Le Pen est mentalement dans une logique de second tour : elle parle à l’électorat de droite, à qui elle veut montrer qu’elle se hisse à la hauteur de l’enjeu budgétaire. »

La députée du Pas-de-Calais a aussi rappelé sa promesse « d’une règle d’or budgétaire constitutionnelle adoptée par référendum », afin d’imposer chaque année une diminution de la dette.

Un chiffrage discutable

« On sent que le RN cherche déjà à rassurer les marchés financiers », observe pour sa part l’économiste Mathieu Plane. Directeur adjoint du département Analyse et prévision de l’OFCE, il est loin d’avoir été convaincu par la démonstration de la candidate. « Les plus grosses parties des mesures d’économies annoncées par Marine Le Pen sont discutables, surestimées ou impossibles à réaliser », prévient-il.

Mathieu Plane souligne par exemple qu’on ne pourrait pas réduire de 5 milliards d’euros la contribution de la France au budget européen, comme le propose la candidate dans son premier budget, sans perdre de l’autre côté une partie des aides agricoles de la PAC. Marine Le Pen souhaite aussi 12 milliards d’euros d’économies sur les dépenses liées à l’immigration. « Quand bien même ce serait constitutionnel, cela aurait des conséquences pour les entreprises, le marché du travail et les recettes fiscales que représente cette immigration », rappelle Mathieu Plane. « Quant aux 32,5 milliards d’euros d’économies grâce à la lutte contre la fraude fiscale, cela représente un montant énorme. Si c’était si simple, la France l’aurait déjà fait. »

« Écran de fumée »

Sur les retraites, Marine Le Pen a proposé « entre 15 et 20 milliards d’économies à terme », sans préciser par quels moyens. « Ce sont des mesures magiques : ce sont toujours les autres qui payent… Cela paraît facile, indolore. Mais la réalité économique n’est pas celle-ci », reprend Mathieu Plane, qui alerte aussi sur l’effet récessif d’un plan d’économies aussi massif. « Soit Marine Le Pen respectera la nouvelle règle d’or, et cela signifie qu’il y aura d’autres mesures, par exemple une hausse de la TVA ou un gel des pensions de retraite. Soit tout cela n’est qu’un écran de fumée. »

Lors de sa conférence de presse, Marine Le Pen a redit son soutien à Jordan Bardella, qu’elle a une nouvelle fois présenté comme son futur Premier ministre, malgré l’affaire des propos antisémites dévoilés par Mediapart.