« Je ne sais pas où va notre pognon mais ça ne ruisselle pas bien » : deux salaires à la maison et un budget qui coince
C’est Jean-Yves, retraité au corps entièrement cassé par 44 années d’exercice du métier de mécanicien (Tu veux savoir la vérité, le boulot m’a tué, avait-il énoncé lors de notre rencontre), qui nous a poussés à toquer à la porte de ses voisins. Quelques jours plus tôt, avait-il confié, il avait été récupéré par ces derniers, à la suite d’une mauvaise chute devant son domicile, situé dans un hameau isolé de Pannecé (1 400 habitants), 45 kilomètres au nord de Nantes. Ils sont sympas à côté, ils donnent facilement le coup de main, avait salué le sexagénaire.
L’homme n’a pas menti, ses voisins sont aimables. À l’origine, Émilie Toquin, 40 ans, et son mari, parents de deux enfants, aspiraient à vivre à Mésanger, six kilomètres plus au sud et 3 300 habitants en plus. Soit la promesse de trouver des commerces et services supplémentaires. Mais mission impossible. Déjà en 2014, à notre arrivée, les prix à Mésanger, ce n’était clairement pas pour nous : 230 000 € la moindre baraque, balaie Émilie, employée d’un laboratoire spécialisé dans les compléments alimentaires basé dans le Maine-et-Loire.
Le choix de Pannecé a donc été essentiellement économique : On n’avait pas d’apport, on a vu passer cette annonce pour une maison qui était « frontalière », on s’est permis d’aller visiter. Au final, on a eu un coup de cœur, donc on ne regrette pas. On a de la place, on est tranquille et on n’est pas trop loin du Cellier, où résident les parents de mon conjoint dont on voulait se rapprocher. Et comme l’immobilier dans la région nantaise est, là encore, inaccessible, il n’y avait pas le choix ».
Le calme et le grand...