Revue de presse

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ENTRETIEN. Présidentielle : « Nous ne voulons pas d’un duel final Le Pen - Mélenchon », prévient Christophe Béchu

Ouest-France · 08/10/2026 · ← revue

À six mois et demi du scrutin présidentiel, l’union du bloc central est toujours un mirage. De quoi exaspérer Christophe Béchu. Pour le maire d’Angers (Maine-et-Loire) et codirecteur de la campagne d’Edouard Philippe, « si les candidats ne sont pas responsables, les électeurs le seront pour eux et remettront les choses d’équerre avec un vote utile ». Le futur patron du parti Horizons parle également de la colère des lycéens, du budget 2027 de la France, de la loi « casseurs payeurs »… et des chances de son candidat pour l’échéance 2027.

Voilà deux ans qu’Edouard Philippe est candidat à la présidentielle. Et pourtant, il peine encore à s’imposer dans l’opinion publique…

Les Français, confrontés à la hausse des prix des carburants, aux mouvements lycéens… savent évidemment qu’une élection présidentielle approche. Mais à six mois et demi du scrutin, l’échéance est encore loin pour eux. D’autant que les programmes définitifs ne seront publiés que dans quelques mois. En attendant, nous allons continuer à parler aux électeurs parce qu’ils s’intéressent à la campagne. Et je ne partage pas l’idée que la campagne d’Edouard Philippe patine, d’autant que des tendances en sa faveur se confirment dans les enquêtes d’opinion, avec un ordre d’arrivée assez immuable dans les projections du premier tour.

Pour autant, les idées d’Edouard Philippe, comme celles d’autres candidats, semblent peu audibles.

Ce début de campagne est marqué par un embouteillage de candidats dans l’espace central. Et cette multiplicité participe, je le concède, à rendre parfois moins audibles les propositions. D’autant que les extrêmes, eux, ne s’embarrassent pas avec la cohérence ou le chiffrage de leurs propos…

Les primaires n’ont fonctionné ni en 2017, ni en 2022. Pour les candidats qui les ont remportées, elles n’ont jamais conduit à des scores flamboyants. — Christophe Béchu

Une union est-elle encore possible dans l’espace central ?

Nous ne voulons pas que les Français soient confrontés à un duel final entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Face à ce danger, l’enjeu pour le centre et la droite est d’avoir un seul candidat. Entre novembre et février, il sera donc impératif d’obtenir un temps de décantation. Mais à ce jour, il n’y a aucun signal clair que ce rassemblement se rapproche.

Cette impasse vous inquiète ?

Évidemment, quand on voit l’attraction des extrêmes. Mais ma conviction est que si les candidats ne sont pas responsables, les électeurs le seront pour eux et remettront les choses d’équerre avec un vote utile.

Ne faudrait-il pas en passer par une primaire ?

Les primaires n’ont fonctionné ni en 2017, ni en 2022. Pour les candidats qui les ont remportées, elles n’ont jamais conduit à des scores flamboyants.

Vous continuez donc à tendre la main ?

Bien sûr, en responsabilité. Le rassemblement reste important pour nous. Pour parler de fond, mais aussi des élections législatives qui suivront la présidentielle et seront cruciales pour l’avenir du pays.

C’est trop simple de considérer que personne n’est responsable — Christophe Béchu

Edouard Philippe a présenté sa réforme des retraites, la semaine dernière, avec un âge légal de départ à 65 ans, une durée de cotisation de 45 années et une part de capitalisation. Il ne va pas se faire que des amis…

Cette réforme – qui prévoit qu’un tiers des Français seront exonérés de ce rallongement - consiste à revenir à l’âge de départ qui existait en 1983, alors que, dans l’intervalle, nous avons gagné dix ans d’espérance de vie. Cela aura un effet positif de 35 milliards d’euros par an sur nos finances publiques. Les réformes préconisées par Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen coûteront, elles, 35 milliards d’euros par an.

Le débat budgétaire commence à l’Assemblée. Quelle consigne donnez-vous à vos députés ?

Notre ligne est claire : baisser les dépenses et ne pas accroître la fiscalité. Depuis la dissolution, il manque un cap, une vision, de la stabilité. Cela a des conséquences importantes sur la croissance. Il est donc temps que l’élection présidentielle arrive pour trancher les options.

Avancer le projet de loi « casseurs payeurs », était-ce la bonne réponse en plein mouvement lycéen ?

Il ne faut pas sous-estimer le nombre de Français exaspérés devant les images d’établissements scolaires saccagés. La responsabilité des casseurs ne peut pas être éludée. C’est trop simple de considérer que personne n’est responsable.