Édito. Entre la guerre et la paix, une crête toujours plus étroite
Une tentative d’attentat en Allemagne début août ; la Moldavie sous la menace des drones russes ; un train de voyageurs attaqué le 13 septembre sur la ligne Kiev-Varsovie à quelques centaines de mètres de la frontière polonaise ; un hélicoptère danois visé le lendemain par des fusées éclairantes tirées par une frégate russe ; un drone russe abattu, dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 septembre, par des avions de l’Otan au-dessus de la Lituanie : si la prudence invite à ne pas affirmer que l’Europe est en guerre contre la Russie, le bon sens impose de ne pas oublier que la Russie fait la guerre à l’Europe.
La crête sur laquelle l’Union européenne avance, entre guerre et paix, devient, jour après jour, si étroite qu’elle ne pourrait bientôt n’être plus qu’un fil de funambule. Plus la guerre en Ukraine dure, plus elle menace de s’étendre sous la dictée des intentions toujours plus belliqueuses de Vladimir Poutine. L’engrenage infernal dans lequel un pouvoir dictatorial s’enferme lui-même lorsqu’il se trouve enlisé dans un conflit le pousse en effet à s’y enfoncer encore davantage.
Où en serons-nous, au printemps, lorsqu’il nous faudra désigner le prochain chef de l’État ? Il est très possible que ce péril que nous maintenons encore à distance de nos préoccupations majeures sera devenu une question centrale du débat politique.
Il nous faudra bien alors nous poser une multitude de questions au moment de choisir entre les candidats. Lesquels ont-ils tenu ou tiennent-ils encore des discours pourris d’ambiguïtés sur les relations que nous devrions entretenir avec Vladimir Poutine ? Lesquels ont-ils nourri et exprimé une admiration pour Donald Trump qui n’a pourtant de cesse de mettre à mal l’Union européenne et l’Otan ? Lesquels enfin sauront entretenir avec nos voisins européens des liens suffisamment solides pour nous permettre de préserver l’avenir que nous partageons à l’évidence avec eux ?