Revue de presse

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Duel à la Fête de l’Humanité : Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel tentent de glaner les voix de la gauche radicale

Ouest-France · 13/09/2026 · ← revue

À sept mois de l’élection présidentielle, les militants de gauche ont assisté à un duel à distance à la Fête de l’Humanité, ce samedi 13 septembre. En Essonne, les deux candidats de gauche radicale à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, ont chacun pris la parole, le premier espérant notamment récolter le vote communiste. Devant une foule compacte, rapporte l’Agence France Presse (AFP), Jean-Luc Mélenchon a continué de développer les thématiques économiques et sociales qu’il a faites siennes en cette rentrée politique. Un discours compatible avec le public de gauche, de gauche radicale ou d’extrême gauche présent de la Fête de l’Humanité. « Le budget de l’État doit être débarrassé de la charge des aides sans contrepartie au capital », a insisté le candidat insoumis.

Un discours centré sur l’économie

« Travailleuses, travailleurs, vous autres, gens du peuple, ne croyez pas que vous soyez accablés par autre chose qu’un rapport de force (entre classes sociales, N.D.L.R.) que vous devez inverser », a-t-il également lancé, en ciblant les « fadaises de la main invisible du marché », métaphore de l’économiste libéral Adam Smith. Comme il le fait régulièrement par messages interposés sur les réseaux sociaux, le fondateur de LFI s’en est aussi pris à Gabriel Attal, candidat de Renaissance, qui a proposé de remplacer le Code du travail par une « Constitution du travail », plus courte. « Qu’ils s’en aillent tous », a lancé le tribun insoumis sous les chants « On va gagner » des militants, raconte l’AFP. Le quadruple candidat à la présidentielle a veillé à ne pas mentionner ses adversaires de gauche. Il a plutôt tenu à vanter le sérieux de l’organisation insoumise. « Nous sommes le contraire des amateurs. Nous sommes formés, éduqués, instruits, organisés, disciplinés. Nous savons ce que nous voulons faire, comment le faire, quand le faire, où le faire », a-t-il assuré.

Fabien Roussel veut mobiliser les Français sur les ronds points

Le patron du PCF Fabien Roussel, qui a officialisé le week-end dernier sa candidature, a tenu dans la foulée son premier meeting de campagne depuis la scène principale, devant une foule où ont été entendus quelques « Roussel président ». L’occasion de dérouler son projet résolument communiste pour cette campagne : nationalisations, appels à la mobilisation populaire, renvoi du patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné devant le tribunal… « Nous voulons nous réapproprier notre outil de production », a notamment lancé le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), qui a appelé à « nationaliser une grande banque pour financer l’économie » française. Invité sur le plateau de BFM TV , le candidat communiste à la présidentielle a aussi appelé à « la mobilisation » sur « les ronds points, dans les entreprises », pour réduire les prix des carburants, exhortant à « ne pas attendre l’élection » pour agir. « Moi, j’y serai » dès la semaine prochaine, a annoncé le secrétaire général du parti communiste, sans préciser où il compte manifester. Des appels à manifester le 17 octobre contre la flambée des tarifs affichés à la pompe se multiplient sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Jean-Luc Mélenchon, lui, a appelé à « bloquer les prix et les marges » lors de son meeting. « Cette époque de l’inflation est un rapt sur la paie des travailleurs », a lancé le candidat Insoumis à l’élection présidentielle.

Le PCF « plus à gauche » que Mélenchon

Dans son discours, Fabien Roussel a également investi le thème de la dette de la France, remis dans le débat public par son rival insoumis pendant l’été, la qualifiant d’« énorme machine à faire taire les peuples ». « Sur les questions économiques et sociales, on sera plus à gauche et radical que Jean-Luc Mélenchon », estimait, vendredi, le porte-parole du PCF, Léon Deffontaines devant la presse. Car le leader de LFI est un peu l’éléphant dans la pièce du PCF. Ayant pris depuis longtemps le leadership de la gauche radicale, il a fini en 2022 au premier tour du scrutin présidentiel avec 21,95 % des voix. Loin, très loin devant les 2,28 % de Fabien Roussel. Mais les Insoumis n’ont toujours pas digéré cette candidature communiste autonome qui, accusent-ils, a privé leur champion du second tour à la place de la candidate RN Marine Le Pen. Cette dernière avait en effet fini avec seulement 420 000 voix d’avance sur Jean-Luc Mélenchon. D’autant plus qu’aux présidentielles de 2012 et 2017, à l’époque du Front de gauche et aux débuts de LFI, le PCF, sous la direction de Pierre Laurent, avait soutenu Jean-Luc Mélenchon. Avant que Fabien Roussel ne décide de présenter sa candidature, au nom de l’affirmation communiste et des désaccords de ligne politique avec LFI.