David Lisnard peut-il être candidat à la présidentielle et à la tête des maires de France ? La polémique enfle
Un match dans le match, une élection dans l’élection ? Du 23 au 25 novembre, à moins de cinq mois du scrutin présidentiel, les adhérents de l’Association des maires de France seront invités à renouveler leurs instances dirigeantes. Deux élus ont fait acte de candidature pour prendre la tête de l’AMF, toujours influente auprès des gouvernements successifs : Philippe Laurent, le maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), et David Lisnard, le maire de Cannes (Alpes-Maritimes), président sortant de l’association, en fonction depuis 2021. Ce dernier est, aujourd’hui, donné favori des urnes.
« Mélange des genres »
Problème : au titre de son parti Nouvelle énergie, David Lisnard est également en course pour l’Élysée en avril prochain. Une double casquette qui n’est pas du goût de tout le monde. Voici quelques heures, Marc Fesneau, le patron du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, a donc demandé au maire de Cannes de choisir entre l’Association des maires de France et la présidentielle. « Ce mélange des genres pose un problème. On ne peut pas jouer sur deux tableaux », assure le député centriste. Un argument repris, notamment, par le chef de l’UDI Hervé Marseille et par le maire socialiste du Mans (Sarthe), Stéphane Le Foll, parlant lui « d’incompatibilité » entre les deux élections.
« Il se mettra en retrait »
Des positions que rejette Joël Balandraud, maire UDI d’Évron (Mayenne) et vice-président de l’AMF. « Au sein du bureau de l’Association des maires de France, nous sommes nombreux, de toutes tendances politiques, à soutenir David Lisnard pour un nouveau mandat, transpartisan. Il a toujours fait l’union. Son bilan est bon et il sait faire la part des choses entre l’AMF et sa candidature à la présidentielle. L’association n’est pas une tribune pour lui ». Joël Balandraud l’assure : s’il est réélu à la tête de l’Association des maires de France, David Lisnard se mettra en retrait de la présidence, le temps de mener sa campagne élyséenne. « Cette polémique est stérile, » certifie le Mayennais.