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Brésil : à quelques jours de la présidentielle, Lula bannit les paris sportifs en ligne

Les Échos · 26/09/2026 · ← revue

Par Les Echos

Devenus incontournables dans le football brésilien et en plein essor dans le pays, les sites de paris en ligne sont désormais dans le viseur de Lula. Le président brésilien a décidé vendredi de les interdire, à neuf jours d'une présidentielle très disputée où il briguera un quatrième mandat.Ces plateformes, appelées « bets » au Brésil, ont connu une forte croissance ces dernières années. Le gouvernement les considère comme un problème de santé publique en raison des risques de dépendance et comme l'une des causes de l'endettement record des familles. Cette mesure radicale intervient à l'approche du premier tour, le 4 octobre, qui opposera notamment Lula, 80 ans, au sénateur Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro. Les sondages les donnent au coude-à-coude. Des enquêtes d'opinion montrent un fort rejet de ces plateformes, alors que Lula compare le phénomène au « crack » et au « cancer ». « Soit on enlève la tumeur, soit la tumeur nous tuera », a-t-il déclaré à São Paulo. Les décrets signés par le président prennent effet immédiatement, mais devront être approuvés par le Parlement pour devenir définitifs. « À partir du 6 octobre, il n'y aura plus de site, plus d'application et plus de sponsoring légal des paris sportifs dans le pays », a déclaré le ministre de l'Economie Dario Durigan.

Un marché colossal

Dans un pays passionné de football, 13 des 20 clubs de première division ont un site de paris comme sponsor principal sur leur maillot. Neymar et Vinicius Junior comptent parmi les principaux visages publicitaires des « bets ». Plusieurs clubs, dont Flamengo, ont dénoncé l'interdiction, estimant ces revenus essentiels à leurs finances. Huit familles brésiliennes sur dix sont confrontées à une forme d'endettement. En 2025, les paris ont absorbé 62,5 milliards de réais, soit plus de 10 milliards d'euros, des revenus des ménages. Trois Brésiliens sur quatre sont favorables à une interdiction totale des paris en ligne. Flavio Bolsonaro s'oppose pour sa part à l'interdiction des paris sportifs, qu'il distingue des casinos en ligne en raison d'« une certaine forme de contrôle ». Il accuse Lula d'agir à l'approche de l'élection alors que son gouvernement avait régulé le secteur fin 2023. Autorisées au Brésil depuis 2018, les « bets » ont ensuite été encadrées par le gouvernement Lula, avec de nouvelles règles et taxes. Plusieurs associations du secteur estiment que l'interdiction poussera les joueurs vers des plateformes clandestines non régulées.

Le coût de la vie au coeur de la campagne

Selon un sondage publié en septembre, plus de la moitié des Brésiliens estiment que la situation économique s'est détériorée au cours de l'année écoulée. La situation économique serait l'une des principales raisons pour lesquelles Lula peine à se démarquer de Flavio Bolsonaro. Ce dernier a fait du pouvoir d'achat un thème central de sa campagne, promettant une baisse du coût des denrées alimentaire. La campagne de Lula a riposté en lançant un site web baptisé « Marché des mensonges » pour contester ces allégations. Elle a également déposé une plainte auprès de la Cour électorale supérieure, qui supervise les élections au Brésil, accusant la campagne du sénateur de mentir sur les prix. Lula met en avant son bilan, notamment la croissance de la production agricole.

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