Après un « faux départ » ce jeudi, Xavier Bertrand sera candidat à la présidentielle « le moment venu »
Désormais officiellement engagé dans la course vers l’Élysée ? Invité, jeudi matin, de la Rencontre des entrepreneurs de France, au stade Roland-Garros à Paris, pour débattre solidarité et incitation au travail, Xavier Bertrand a fait parler de lui une bonne partie de la mi-journée. Interrogé en fin de table ronde sur ses prochaines intentions électorales, il a ouvertement dit qu’il « sera candidat » au scrutin national. Une phrase qui a rapidement fait « le buzz » dans les travées du temple du tennis tricolore. Très vite, les alertes ont fusé sur les téléphones portables : « Le président de la région Hauts-de-France annonce sa candidature à la présidentielle ». Une déclaration très étonnante alors qu’au début du mois d’août, lors d’un déplacement au Festival interceltique de Lorient, il avait certifié dans Ouest-France qu’il ne se positionnerait pas avant la fin de l’année. « Je n’ai pas changé d’avis. Face aux entrepreneurs, j’ai dit que je serai candidat, le moment venu. L’emploi du futur compte ici », explique Xavier Bertrand, joint par téléphone. « Vous vous imaginez bien que je n’allais pas annoncer ma candidature lors d’un débat face à quelques chefs d’entreprise. Le jour où je prendrai ma décision, je le ferai devant les Français. » Probablement d’ici à la fin de l’automne.
« Entre novembre et janvier »
L’ancien ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy dit se positionner comme le représentant de la « droite gaulliste, de la droite Chirac, sans jamais composer avec les extrêmes ». Il pressent que les candidatures d’Edouard Philippe (Horizons) et de Gabriel Attal (Renaissance) n’iront pas au bout de l’aventure présidentielle, « après avoir été associés à Emmanuel Macron pendant dix ans ». Selon Xavier Bertrand, les seuls à afficher un parcours différent, « c’est moi et Jean-Louis Borloo. Nous allons travailler ensemble. Le rassemblement du centre droit se fera entre novembre et janvier autour de celui qui sera en capacité de battre Marine Le Pen, d’avoir une majorité à l’Assemblée et de sortir du bourbier que l’on connaît. Au final, il n’en restera qu’un. Je suis celui qui a déjà battu Marine Le Pen aux régionales ».
« On promet, mais avec quel argent ? »
Revenant sur les récents propos du ministre de la Justice Gérald Darmanin, appelant à voter Édouard Philippe et souhaitant que le maire du Havre forme un duo avec Xavier Bertrand, le Nordiste rejette toute hypothèse de cette nature. « Le Garde des sceaux parle pour lui. Je veux être président de la République, certainement pas le chef du gouvernement d’un héritier d’Emmanuel Macron. » D’ici à sa déclaration de candidature… cette fois officielle, le patron des Hauts-de-France va continuer « à tracer » sa route à la rencontre des électeurs. « J’ai déjà effectué seize déplacements cet été. Cela a été l’occasion de tester des idées. Je ne veux pas entrer dans le jeu des promesses inaudibles. C’est Noël en septembre ! On promet, mais avec quel argent ? » Refusant de revenir dans la logique des partis, Xavier Bertrand sera « un candidat indépendant ». Au futur… pour l’instant.