« Le luxe est mort, vive le luxe »

Par Virginie Jacoberger-Lavoué
Le propos. Après des années de fortes croissances et une envolée post-pandémie comparée aux « Roaring Twenties », le luxe, qui avait fortement augmenté ses prix, a connu deux années de ralentissement de la demande (2023 et 2024) et une année de normalisation (2025) qui se poursuit. De nombreux dirigeants du secteur pointent que la croissance post-covid fut aussi extraordinaire qu'insoutenable à poursuivre. Mais le luxe voit certains de ses positionnements remis en question, avec l'absence de rebond en Chine, et plus globalement, une perte de clientèle aspirationnelle que le cabinet Bain & Co estime à « 80 millions de consommateurs » depuis 2023. Coécrit par le spécialiste du luxe Eric Briones et Anaïs Duquesne, Luxe Renaissance, propose six voies de transformation : le retour du bon sens économique et de la juste valeur du produit (« Smart Luxury ») ; la priorité à l'objet artisanal (« Agalma ») ; la transparence et l'éthique (« Le Luxe juste ») ce qui implique que le luxe s'engage davantage et contrôle avec plus de rigueur ses sous-traitants ; l'orientation vers un marché du luxe pluriel (« Luxe post-occidental »). A ceci s'ajoutel'usage de l'IA sans lui laisser tout le contrôle(« Luxe supra-IA »), et enfin l'incarnation d'un « luxe transformatif ». Dans cette dernière voie, le luxe doit assurer « une existence plus intense » au consommateur. Il n'est plus seulement fondé sur la désirabilité. Il ne doit pas se contenter d'être « expérientiel » et doit être moins centré sur l'« avoir » que sur l'« être ». L'intérêt. L'ouvrage, préfacé par Cyril Chapuy, président de L'Oréal Luxe, et postfacé par Joël Hazan, Chief Strategy & Development Officer de Kering, bénéficie des contributions de l'ensemble des grands groupes de luxe, dont LVMH (propriétaire des « Echos ») et Richemont. Luxe Renaissance essai